115 travailleurs à bord, 110 secourus et cinq portés disparus selon le bilan officiel du 25 octobre. Le naufrage d’une plateforme pétrolière au large de Mayumba relance les interrogations sur la sécurité, les conditions de travail et les responsabilités dans l’industrie pétrolière Gabonaise.
Samedi 24 octobre 2026, à 20h37, la plateforme de forage autoélévatrice Prospector 5, exploitée par Borr Drilling pour le compte de BW Energy Gabon, sombrait au large de Mayumba, sur le permis Dussafu Marin.
Selon le gouvernement, cinq personnes demeuraient portées disparues au 25 octobre : trois Gabonais, Robert Moussavou, Adio Akinocho Irchade et Yann Ulrich Nkorouna Ogowe, ainsi qu’un Indien, Ajit Shivastav Rajendra, et un Croate, Damir Parac.
Face au drame, les autorités ont mobilisé la Marine nationale, trois hélicoptères, des cellules de crise à Mayumba et Port-Gentil, avec l’appui annoncé du Congo. Les 110 rescapés doivent également bénéficier d’une prise en charge médicale et psychologique.
Une mobilisation nécessaire. Mais au-delà des secours, comment une installation accueillant 115 personnes a-t-elle pu perdre sa stabilité jusqu’à sombrer ?
Borr Drilling évoque, à titre préliminaire, un enfoncement brutal d’un appui dans le fond marin pendant une opération de préchargement. L’enquête devra déterminer si les risques avaient été correctement évalués, si les procédures étaient adaptées et si les effectifs présents étaient justifiés.
Becuna, mars 2024 : six travailleurs tués dans une explosion. Mayumba, octobre 2026 : une plateforme engloutie. Les circonstances diffèrent, mais ces drames rappellent une même exigence : la sécurité humaine doit rester prioritaire.
Et derrière cette question se pose celle des conditions de travail.
Les employés pétroliers, notamment ceux de la sous-traitance, exercent parfois pendant plusieurs semaines en mer, exposés à des risques industriels majeurs. Leurs rémunérations, leurs primes de risque, leurs assurances et leurs garanties sociales sont-elles réellement à la hauteur de ces contraintes ?
On ne peut pas exiger des travailleurs qu’ils affrontent les dangers de l’offshore sans s’assurer qu’ils bénéficient de protections et de conditions d’emploi dignes.
Le gouvernement annonce des investigations administratives et judiciaires. Leurs conclusions devront être rendues publiques, les éventuelles responsabilités établies et les mesures correctives effectivement appliquées.
Une autre vigilance s’impose : la plateforme contenait 280 mètres cubes de gasoil. Aucune pollution aux hydrocarbures n’était constatée au 25 octobre, mais le risque environnemental exige une surveillance rigoureuse.
Le Gabon tire une part importante de ses richesses de l’industrie pétrolière. Il doit pouvoir garantir à ceux qui la font fonctionner des conditions de sécurité et de travail à la hauteur des risques encourus.
Car après chaque accident, les communiqués ne suffisent pas. Les familles attendent la vérité, les travailleurs des garanties et les populations des réponses.
Le pétrole rapporte des milliards. Mais aucun baril ne vaudra jamais une vie humaine.
photo Google
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