Depuis quelques heures, une liste présentée comme celle de 61 personnalités citées dans l’affaire dite des 1 700 milliards de FCFA circule sur les réseaux sociaux. Une publication qui soulève autant de questions qu’elle prétend apporter de réponses.
Car depuis le début de cette affaire, il a été question de plusieurs centaines de personnes concernées, parfois près de 600. Or, la liste aujourd’hui diffusée n’en comporte que 61.
Pourquoi seulement ces noms ? Sur quels critères ont-ils été sélectionnés ? Où sont les autres ? Et surtout, quelle autorité judiciaire ou administrative authentifie officiellement cette liste et précise le statut réel de chacune des personnes citées ?
C’est là que le problème devient préoccupant. Une affaire portant sur 1 700 milliards de FCFA, somme considérable pour les finances publiques, ne peut être conduite à coups de listes circulant sur Facebook et WhatsApp, sans explication institutionnelle claire. Être cité dans un document ne signifie d’ailleurs ni être débiteur, ni être coupable.
La présomption d’innocence impose de distinguer ceux qui seraient simplement mentionnés, entendus, poursuivis ou effectivement redevables de sommes déterminées.
Le précédent de la SEEG devrait pourtant servir de leçon. Là encore, des listes de personnes supposées débitrices avaient circulé, avec des noms jetés dans l’espace public sans que les citoyens disposent toujours d’un cadre officiel suffisamment clair pour comprendre l’origine des créances, leur montant ou leur contestation éventuelle.
La transparence ne consiste pas seulement à publier des noms. Elle consiste à publier des faits vérifiables.
Si 600 personnes sont réellement concernées, que les autorités disent officiellement qui elles sont, à quel titre elles le sont, quelles sommes sont en cause et où en sont les procédures.
Dans une affaire de cette ampleur, le silence institutionnel nourrit inévitablement les soupçons.
À 1 700 milliards de FCFA, les Gabonais sont en droit d’attendre mieux qu’une liste virale : ils attendent la vérité, les preuves, les responsabilités établies et, le cas échéant, le remboursement effectif de l’argent public.
#omi
















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