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Le mandat d’un parlementaire ne s’exerce pas à coups de publications sur les réseaux sociaux

Les réseaux sociaux occupent désormais une place importante dans la communication politique. Pour un parlementaire, ils peuvent servir à informer, expliquer une position, relayer les préoccupations des populations et, surtout, rendre compte de l’exercice de son mandat.

Car la reddition de comptes fait partie des exigences démocratiques. Un élu doit pouvoir dire à ceux qu’il représente ce qu’il a fait, quelles positions il a défendues, quelles initiatives il a portées et quels résultats il a obtenus.

Mais rendre compte n’est pas gouverner par publications interposées. Et communiquer ne peut pas devenir le principal mode d’exercice du mandat.

Un député ou un sénateur dispose de cadres institutionnels précis pour porter la voix des citoyens : commissions parlementaires, débats, questions au Gouvernement, propositions de loi, amendements, missions de contrôle et autres mécanismes prévus par les institutions.

Dès lors, lorsque les interpellations adressées aux plus hautes autorités se font presque systématiquement à travers Facebook, WhatsApp, TikTok ou d’autres plateformes, une question s’impose : où s’arrête la communication et où commence réellement l’action parlementaire ?

Un parlementaire n’est pas un simple commentateur de l’actualité. Son mandat lui confère des moyens d’action que le citoyen ordinaire ne possède pas. Il est donc attendu dans les espaces où sa parole peut produire des actes, des contrôles, des décisions et des résultats.

La reddition de comptes ne devrait d’ailleurs pas se limiter à une succession de publications. Rendre compte, c’est aussi présenter le bilan de son action, expliquer ses choix, assumer ses positions et se soumettre à l’appréciation des citoyens.

Communiquer, oui. Alerter publiquement lorsque la situation l’exige, oui. Rendre compte régulièrement de son mandat, absolument. Mais multiplier les publications et les interpellations numériques au point d’en faire une méthode permanente finit par brouiller les rôles et banaliser la fonction.

Les réseaux sociaux doivent accompagner l’action parlementaire, pas s’y substituer.

Car l’efficacité d’un élu ne se mesure pas au nombre de publications ou de vidéos diffusées, mais à sa capacité à utiliser pleinement les instruments de son mandat, à défendre les populations, à contrôler l’action publique, à proposer des solutions, à obtenir des avancées concrètes et à en rendre compte devant les citoyens.

Un réseau social peut être une vitrine et un outil de reddition de comptes. Le mandat parlementaire, lui, s’exerce d’abord dans les institutions et se juge à l’aune des résultats.

#omi

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