Les excuses sont entendues. Le malaise exprimé aussi. Mais cette nouvelle sortie du jeune Man MAMBOUNDOU pose une question plus profonde : quelle culture politique voulons-nous installer chez cette nouvelle génération ?
Car les méthodes, elles, commencent à être connues. À chaque frustration reviennent presque les mêmes mots : mise à l’écart, blacklistage, tribalisme, exclusion, manque de considération. Comme si toute difficulté à accéder à une autorité, toute absence d’opportunité ou toute attente non satisfaite devait nécessairement avoir pour origine une volonté de nuire.
C’est précisément là que le débat mérite de gagner en maturité.
Lorsqu’on affirme qu’une jeunesse est empêchée de rencontrer le président de la République, il faut pouvoir dire qui l’empêche, comment, à quel moment et après quelles démarches. À défaut, la dénonciation peut rapidement ressembler davantage à une pression publique qu’à une revendication structurée.
D’autant que les préoccupations de la jeunesse de l’Ogooué-Maritime ne sont pas ignorées dans le débat officiel.
Lors de la rencontre avec les forces vives, le chômage, l’insertion professionnelle et la participation des jeunes aux décisions ont effectivement été évoqués. Le chef de l’État a, en retour, insisté sur l’écoute, mais aussi sur la responsabilité, la discipline et la maîtrise des codes liés à l’exercice des responsabilités.
Dire que la jeunesse refuse d’être une simple « force électorale » est parfaitement recevable comme revendication. Mais la jeunesse ne peut pas non plus se définir uniquement par ce qu’elle estime ne pas recevoir.
Il existe des jeunes qui entreprennent avec peu, créent, travaillent, se forment et avancent sans nécessairement attendre une audience présidentielle pour commencer. Cela ne signifie pas que l’État n’a aucune responsabilité. Cela signifie simplement que revendiquer des opportunités doit aussi aller de pair avec la capacité à construire, à proposer et à s’organiser.
C’est là que revient la question de la formation politique. La politique ne peut pas se résumer à l’exposition médiatique, à l’accusation permanente ou à la menace implicite de dénoncer lorsqu’une attente n’est pas satisfaite. Une revendication sérieuse se documente, s’organise, identifie ses interlocuteurs et formule des propositions précises.
Et lorsque, au fil des controverses, ce sont régulièrement les mêmes figures et les mêmes arguments qui reviennent, il devient légitime de s’interroger : sommes-nous devant une véritable construction collective de la jeunesse ou devant une manière désormais bien installée d’exister politiquement par la contestation ?
Le chômage des jeunes demeure pourtant un problème réel, reconnu officiellement, et plusieurs mesures de formation et de création d’emplois ont été annoncées à Port-Gentil. Leur mise en œuvre devra être suivie et évaluée. Voilà où devrait se situer le débat.
Une revendication peut être juste. Mais la colère ne dispense ni de méthode, ni de preuves, ni de responsabilité.
À force de tout expliquer par le blacklistage, le tribalisme ou l’exclusion, on risque surtout de passer à côté de la question essentielle : qu’est-ce que cette jeunesse propose, construit et apporte concrètement à la société qu’elle souhaite transformer ?
Photo Web TV Gabon
#omi
















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