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ÉDITORIAL/SAISON 2 ÉPISODE 4/PORT-GENTIL : QUAND L’ÉCONOMIE RALENTIT, LES VIES CHANGENT

À Port-Gentil, lorsqu’un sous-traitant perd un marché et réduit ses effectifs, les conséquences dépassent rapidement le portail de l’entreprise.

Le taxi fait moins de courses, la commerçante vend moins, le loyer devient plus difficile à payer et certaines dépenses familiales sont reportées. Du Grand Village au Château, de Matanda à la Balise, une même inquiétude s’installe : comment continuer à avancer lorsque les opportunités se réduisent ?

Hier, on venait ici chercher une chance. Aujourd’hui, certains de ses enfants pensent devoir partir pour trouver la leur. Car derrière chaque emploi perdu, il y a souvent plusieurs personnes fragilisées : des parents que l’on ne peut plus aider, une scolarité difficile à financer, un projet abandonné.

C’est la violence silencieuse du déclassement social. Port-Gentil ne peut donc plus seulement regretter son dynamisme d’hier. Elle doit organiser celui de demain autour de quelques priorités.

D’abord, créer davantage de valeur avec ce que nous avons déjà. La mer peut faire vivre toute une filière : pêche, froid, transformation, mécanique marine, réparation navale et logistique. Le Bord-de-Mer, mieux aménagé et entretenu, peut également soutenir restauration, loisirs, artisanat et tourisme.

Ensuite, former pour des débouchés réels. Une formation doit conduire vers un emploi, un métier ou une activité viable, et non simplement remettre un diplôme de plus.

Enfin, faire grandir les PME locales en facilitant l’accompagnement, le financement, l’accès aux marchés et la montée en compétence. Les grandes entreprises peuvent aussi contribuer à renforcer un véritable tissu de sous-traitance locale lorsque les compétences existent.

Ces priorités tiennent en une ligne : produire davantage ici, former pour les besoins d’ici et faire grandir les entreprises d’ici, et mesurer les résultats : combien de jeunes insérés ? Combien de PME durables ? Combien d’emplois réellement créés ?

La mer, le port, l’expérience industrielle, les entrepreneurs et la jeunesse sont déjà là.

La vraie question n’est donc plus seulement : « qui va recruter nos jeunes ? » Mais : « qu’allons-nous produire ici et combien d’emplois voulons-nous créer ? »

Port-Gentil ne retrouvera pas son élan en attendant le retour du passé. Elle le retrouvera en organisant son avenir. Reste alors une question plus large : comment une province qui a tant contribué à l’économie nationale peut-elle encore compter autant de populations qui s’interrogent sur les retombées de cette richesse dans leur quotidien ?

#omi

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