Le Gabon produit des matières premières. Le véritable défi est désormais de savoir combien de valeur, d’emplois et d’entreprises cette richesse peut réellement créer avant de quitter le territoire national.
Le projet de budget 2027 table sur une hausse de 8,6 % de la production de manganèse, qui atteindrait plus de 10,3 millions de tonnes, ainsi que sur le démarrage de la production de minerai de fer, estimée à 1,5 million de tonnes. La production pétrolière devrait également progresser de 4,1 %, tandis que celle du bois débité augmenterait de 2 %. Mais produire davantage ne suffit pas.

Pendant longtemps, l’enjeu principal a été l’extraction et l’exportation. Désormais, la question centrale est celle de la transformation locale : combien de tonnes seront transformées au Gabon ? Combien de PME nationales pourront intégrer ces chaînes de valeur ? Combien de techniciens, d’ingénieurs, de sous-traitants et de fournisseurs gabonais bénéficieront réellement de cette activité ?
Le gouvernement veut justement renforcer cette orientation. L’exportation du manganèse brut doit être interdite à compter du 1er janvier 2029, avec une période de transition destinée à permettre aux opérateurs de développer ou moderniser leurs capacités locales de transformation.
Des initiatives industrielles apparaissent déjà. À Port-Gentil, la mise en service d’une usine de fabrication de fer à béton, d’acier et de produits dérivés doit, selon les autorités, générer 200 emplois directs et 300 emplois indirects.

Mais la transformation locale ne doit pas se limiter à installer des usines. Elle doit aussi développer les compétences, soutenir les PME gabonaises, favoriser la sous-traitance nationale et faire émerger des produits à plus forte valeur ajoutée.
La véritable richesse du Gabon ne se mesurera donc plus seulement au nombre de barils, de tonnes de manganèse, de bois ou de minerai extraits, mais à la part de cette richesse qui sera transformée, employée et réinvestie sur le territoire.
Car exporter une matière première rapporte des revenus. La transformer sur place peut construire une économie.
















Leave a Reply