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𝗙𝗼𝗻𝗰𝗶𝗲𝗿 𝗮𝘂 𝗚𝗮𝗯𝗼𝗻 : 𝗹’𝗲́𝘁𝗿𝗮𝗻𝗴𝗲𝗿 𝗮𝗰𝗵𝗲̀𝘁𝗲, 𝗺𝗮𝗶𝘀 𝗾𝘂𝗶 𝗹𝘂𝗶 𝘃𝗲𝗻𝗱 ?

La question foncière revient au centre du débat national avec une interrogation que l’on évite encore trop souvent : lorsqu’une terre est cédée en violation des règles, faut-il seulement regarder celui qui l’achète ou aussi celui qui la lui vend et ceux qui rendent l’opération possible ?

Dans une déclaration relayée par Pivotnews, Geoffroy Foumboula Libeka Makosso pointe directement la responsabilité des Gabonais qui cèdent des terres à des expatriés en violation de la loi, mais également celle des fonctionnaires qui valideraient de tels actes.

Au-delà du ton employé, le fond pose une vraie question de responsabilité nationale.
Car une terre gabonaise ne se vend pas toute seule.
Derrière une opération foncière irrégulière peuvent intervenir un vendeur, des intermédiaires, des documents et différents services administratifs.

Si la loi est contournée, il faut donc rechercher toute la chaîne des responsabilités, y compris du côté gabonais.

L’actualité récente de Port-Gentil illustre la sensibilité du problème. Une partie du domaine de Radio Mandji, appartenant à l’État et couverte, selon Gabon Media Time, par le titre foncier n°1185, aurait été morcelée et commercialisée au profit de particuliers et d’entreprises. L’affaire pose une question simple : comment une parcelle publique peut-elle être découpée et vendue sans interventions locales ni défaillances dans les mécanismes de contrôle ?

Avant l’étranger, regarder ceux qui lui ouvrent la porte
Il serait donc trop commode de faire de l’étranger le responsable unique du désordre foncier.
Lorsqu’un acquéreur étranger contourne sciemment les règles, sa responsabilité doit naturellement être recherchée. Mais lorsqu’un Gabonais vend ce qu’il n’est pas autorisé à céder, sert de prête-nom, organise une transaction irrégulière ou facilite administrativement son aboutissement, il participe lui aussi directement au problème qu’il dénoncera peut-être demain.

La réforme foncière engagée en 2026 cherche justement à sécuriser davantage les transactions et à réduire les litiges. L’ordonnance du 26 février 2026 fixe un nouveau régime de la propriété foncière, tandis que le gouvernement a décidé de regrouper plusieurs administrations au sein d’un guichet unique afin de mieux encadrer la délivrance des titres.

Mais les textes, aussi rigoureux soient-ils, ne suffiront pas si certains citoyens ou agents chargés de les appliquer choisissent de les contourner.

Le foncier est aussi une affaire de responsabilité nationale
Défendre le patrimoine foncier gabonais ne signifie donc pas désigner collectivement les étrangers comme coupables. Il s’agit d’appliquer la loi à tous.

À l’étranger qui fraude, certes. Mais également au Gabonais qui vend illégalement, au prête-nom qui facilite, à l’intermédiaire qui organise et, lorsqu’une faute est établie, à l’agent public qui valide.
Le véritable débat est là.
Parce qu’avant de demander « Qui achète les terres du Gabon ? », il serait peut-être temps de poser avec la même fermeté les questions qui dérangent :
Qui les vend ? Qui facilite les transactions ? Et qui signe les actes ?
C’est aussi par cette chaîne de responsabilités que commence la protection réelle du patrimoine foncier national.

#omi

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