En avril 2026, un nouveau champ pétrolier est entré en production près de Gamba. Quelques mois plus tard, le débat sur le développement de l’Ogooué-Maritime reste pourtant entier.
Ce paradoxe n’est d’ailleurs plus seulement exprimé par les populations. En janvier 2026, le gouvernement lui-même évoquait le décalage entre la contribution pétrolière de la province et son développement, en annonçant une stratégie « Ogooué-Maritime 2050 ».
Alors, que signifie réellement être une province riche ?
Ce n’est pas seulement produire du pétrole ou contribuer aux recettes nationales. Pour celui qui vit à Port-Gentil, Gamba, Omboué ou dans les communautés lagunaires, le développement se mesure autrement : pouvoir se déplacer, se soigner, scolariser ses enfants, accéder à l’eau potable à l’électricité, travailler et entreprendre.
La richesse produite sur un territoire ne se transforme pas automatiquement en développement local. Encore faut-il investir, entretenir les infrastructures, former les populations et créer suffisamment d’activités autour des ressources exploitées.
C’est là que les bonnes questions commencent.
Quelle part de la valeur produite crée durablement de l’activité sur place ? Combien d’emplois et d’entreprises locales en bénéficient ? Quels équipements construits sont réellement entretenus ?
Des réponses commencent à être annoncées.
Le Conseil des ministres du 18 septembre prévoit notamment un effort global de 30 milliards de FCFA sur cinq ans pour l’Ogooué-Maritime, avec des projets concernant les voiries, l’eau, l’électricité, les marchés, la santé et d’autres infrastructures.
Mais une annonce ne devient du développement que lorsqu’elle change concrètement la vie des habitants.
C’est pourquoi chaque projet devrait pouvoir répondre à trois questions simples : qui le réalise, quand sera-t-il livré et quel résultat concret produira-t-il ?
Le gouvernement a d’ailleurs indiqué que les nouveaux projets devront disposer d’un financement sécurisé, d’un calendrier, d’un responsable identifié et d’indicateurs de résultats.
C’est peut-être là que doit commencer une nouvelle culture du développement dans l’Ogooué-Maritime : moins compter les annonces et davantage suivre ce qui est réalisé, entretenu et réellement utile.
Car le véritable enjeu n’est pas de savoir combien notre province possède.
Il est de savoir ce que ses richesses permettent durablement de construire pour ceux qui y vivent.
Et cette question en appelle immédiatement une autre :
qu’avons-nous fait des infrastructures et des outils de développement déjà construits au fil des années ?
















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