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Électricité : 125 MW supplémentaires, mais le problème du Gabon est-il seulement la production ?

À quoi serviront 125 MW supplémentaires si le réseau n’est pas capable de les transporter correctement jusqu’aux consommateurs ? C’est toute la question que pose aujourd’hui le renforcement annoncé de la centrale d’Akournam.

Cinq turbines de 25 MW doivent porter sa capacité à 125 MW d’ici fin décembre 2026. Sur le papier, l’annonce est importante. Mais les récents délestages du Grand Libreville rappellent une réalité : le déficit de production n’est pas l’unique faiblesse du système électrique.

Les perturbations enregistrées en septembre ont notamment été liées à une avarie sur la ligne de transport 90 kV Bisségué-Owendo. À certains moments, l’énergie disponible devait transiter par une seule liaison dont les capacités étaient insuffisantes pour absorber toute la production.

Le problème devient alors évident : produire davantage ne suffit pas.

L’électricité doit d’abord être produite, puis transportée par les lignes haute tension, transformée et enfin distribuée jusque dans les quartiers. Si l’un de ces maillons est défaillant, toute la chaîne est fragilisée.

Le véritable défi ne consiste donc pas seulement à multiplier les mégawatts. Il faut parallèlement moderniser les lignes de transport, renforcer les postes électriques, sécuriser les transformateurs, entretenir les équipements et adapter les réseaux à la croissance de la demande.

Les 125 MW d’Akournam constituent ainsi une avancée. Mais leur efficacité ne se mesurera pas uniquement à la puissance installée.

Pour les ménages, la seule électricité qui compte est celle qui arrive effectivement à la prise. Produire davantage sans pouvoir transporter et distribuer durablement cette énergie reviendrait à gagner la bataille des mégawatts sans gagner celle de l’électricité.

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