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ÉDITORIAL/SAISON 2/ÉPISODE 6 : OÙ SONT PASSÉS NOS OUTILS DE DÉVELOPPEMENT ?

Construire est une chose. Préserver ce que nous avons construit en est une autre. À Port-Gentil, le stade Michel-Essongué en offre une illustration difficile à ignorer.

Inauguré dans le contexte de la CAN 2017, ce complexe de 20 000 places a ensuite connu des difficultés d’exploitation, notamment liées à l’eau, à l’électricité et à la pelouse.

En 2024, le ministre des Sports constatait sur place des vols et d’importantes dégradations d’équipements.

En juin 2026, l’affaire a pris une dimension supplémentaire : plusieurs militaires affectés à la surveillance du complexe auraient été interpellés dans le cadre d’une enquête portant sur une affaire présuméede trafficde cuivre. Câbles électriques, groupes électrogènes et autres matériels figureraient parmi les équipements disparus. Les responsabilités doivent toutefois être établies par l’enquête et la justice.

Mais au-delà des personnes mises en cause, la vraie question est collective. Comment un investissement public aussi important peut-il se dégrader au point qu’il faille ensuite mobiliser de nouveaux moyens pour le remettre en état ?

Un câble arraché n’est pas seulement du cuivre volé. Lorsqu’il appartient au réseau électrique d’un équipement de cette ampleur, son absence peut empêcher des installations entières de fonctionner. Un système de secours électrique, un groupe électrogène ou un équipement technique disparu peut compromettre l’éclairage, la sécurité ou l’exploitation normale du site. Et ce problème dépasse largement un stade.

À quoi sert de construire si nous ne savons pas entretenir ? À quoi sert d’investir des milliards si quelques années plus tard il faut recommencer ?

Le développement ne se mesure pas seulement au nombre d’infrastructures inaugurées. Il se mesure aussi à leur état cinq, dix ou quinze ans plus tard.

L’État doit protéger et entretenir. Les gestionnaires doivent rendre compte. Les responsables locaux doivent alerter. Et les citoyens doivent comprendre qu’un équipement public n’appartient pas à une administration abstraite. Il nous appartient collectivement.

L’Ogooué-Maritime n’a donc pas seulement besoin de nouveaux projets. Elle doit aussi apprendre à protéger ceux qu’elle possède déjà.

Car une province qui réclame davantage d’investissements doit pouvoir se poser une autre question, tout aussi exigeante :

qu’avons-nous fait de ceux que nous avions déjà ?

#omi

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