Pendant longtemps, lorsque quelque chose n’allait pas dans l’Ogooué-Maritime, le regard se tournait presque automatiquement vers Libreville.
Mais aujourd’hui, une autre question mérite d’être posée :
et nous, qu’avons-nous fait de notre province ?
La question dérange, mais elle est nécessaire.
Car le développement ne dépend pas uniquement des décisions prises au sommet de l’État. Il dépend aussi de la manière dont, localement, nous gérons, entretenons, surveillons et défendons ce qui nous appartient.
Ces derniers jours, l’État a annoncé pour l’Ogooué-Maritime un effort prévisionnel de 30 milliards de FCFA sur cinq ans, destiné notamment aux voiries, à l’eau, à l’électricité, aux marchés, à la santé, aux logements et à d’autres infrastructures. Chaque projet devra disposer d’un financement sécurisé, d’un calendrier, d’un responsable identifié et d’indicateurs de résultats.
C’est important.
Mais l’argent seul ne développera pas la province.
Il faudra aussi une vigilance locale capable de demander : où en est le chantier ? Qui en répond ? Pourquoi ce retard ? L’ouvrage livré fonctionne-t-il ? Qui veille à son entretien ?
Et cette responsabilité ne concerne pas seulement les autorités.
Elle concerne nos élus, nos cadres, nos entrepreneurs, nos associations, nos communautés, mais aussi chacun de nous.
Nous devons également avoir le courage de regarder certaines de nos propres faiblesses : les rivalités, les querelles de leadership, les divisions, la difficulté à travailler ensemble ou cette tendance à attendre qu’une initiative vienne toujours d’ailleurs.
Pendant ce temps, les vrais problèmes demeurent.
Le développement exige donc autre chose : moins de compétition entre les personnes et davantage de mobilisation autour des priorités.
D’autant que les préoccupations exprimées récemment par les forces vives de la province sont concrètes : chômage, insertion professionnelle des jeunes, retombées économiques locales et participation aux décisions concernant leur avenir.
Nous avons parfaitement le droit d’exiger de l’État.
Mais nous devons être tout aussi exigeants envers nous-mêmes.
Parce qu’une province ne se relève pas seulement avec ce qu’on lui donne. Elle se relève aussi avec ce qu’elle décide de faire de ce qu’elle possède.
Et cette réflexion nous oblige maintenant à sortir de Port-Gentil.
Car l’Ogooué-Maritime ne s’arrête pas aux frontières de sa capitale économique.
#omi
















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