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Port-Gentil : faut-il attendre la venue dun spécialiste pour avoir droit aux soins ?

Du 19 au 23 octobre 2026, le Centre hospitalier régional de Port-Gentil a accueilli un endocrinologue en mission. Une initiative saluée par les patients, mais qui révèle surtout les limites de l’accès permanent aux soins spécialisés dans l’Ogooué-Maritime.

Pendant cinq jours, le Dr Péguy Biloghé-Obiang a assuré des consultations spécialisées au CHR de Ntchengué, notamment au profit des personnes souffrant de diabète et d’autres troubles endocriniens.

L’affluence enregistrée dès les premières consultations témoigne d’un besoin réel. Certains patients ont ainsi pu bénéficier d’un avis spécialisé sans effectuer le coûteux déplacement vers Libreville.

Une avancée appréciable. Mais une question demeure : que deviennent les malades une fois le spécialiste reparti ?

Car le diabète, les troubles hormonaux et bien d’autres pathologies chroniques ne se soignent pas en cinq jours. Ils nécessitent un suivi régulier, des examens, des ajustements thérapeutiques et un accès continu aux médicaments.

Plus préoccupant encore, la spécialiste a relevé les difficultés rencontrées par certains patients pour obtenir des médicaments pris en charge par la CNAMGS, notamment l’insuline destinée aux enfants diabétiques.

À quoi sert une consultation spécialisée si le malade ne peut ensuite accéder normalement à son traitement ?

Le gouvernement a récemment annoncé un programme de redéploiement des médecins spécialistes dans les provinces, avec des missions tournantes de quinze jours à un mois par an.

L’initiative répond à un besoin évident. Mais elle ne saurait, à elle seule, remplacer une véritable politique d’installation durable des spécialistes dans les structures sanitaires provinciales.

Port-Gentil, capitale économique du Gabon, dispose d’un centre hospitalier régional et d’importantes infrastructures sanitaires. Pourtant, certaines spécialités demeurent insuffisamment accessibles aux populations.

Et que dire des habitants d’Omboué, de Gamba et des localités plus éloignées, pour lesquels rejoindre Port-Gentil représente déjà une dépense supplémentaire ?

La santé ne devrait pas dépendre d’un calendrier de missions médicales ni des moyens financiers permettant de voyager.

Il devient nécessaire de renforcer durablement les effectifs spécialisés, d’organiser un véritable suivi entre les missions et de garantir la disponibilité des médicaments essentiels.

La CNAMGS, les structures hospitalières et les autorités sanitaires doivent également mieux coordonner leurs interventions pour éviter que les patients ne se retrouvent avec une ordonnance sans possibilité effective de traitement.

Rapprocher ponctuellement les spécialistes des populations est un progrès. Leur garantir des soins continus serait une véritable avancée.

Car une maladie chronique ne prend pas de vacances lorsque le médecin repart à Libreville.

À Port-Gentil comme ailleurs, le droit à la santé doit s’exercer toute l’année, pas seulement cinq jours par mois.

#omigabon

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