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Péage Port-Gentil/Omboué : faudra t-il encore payer pour circuler ?

Trois sites de péage et de pesage sont à l’étude sur les axes desservant Omboué. Une décision qui soulève une question essentielle : qui supportera réellement le coût de l’entretien de cette route stratégique ?

Le gouvernement gabonais entend instaurer un système de péage sur l’axe Port-Gentil–Omboué. Le projet, validé lors du Conseil des ministres du 18 septembre 2026, a franchi une nouvelle étape avec la visite du ministre des Travaux publics, Edgard Moukoumbi, le 9 octobre dernier.

Trois emplacements ont été identifiés : aux abords du pont d’Ozouri, à Onguendjo et au carrefour d’Omboué. Les études techniques devront déterminer les sites définitifs, les modalités d’exploitation et les tarifs applicables.

Entretenir la route, oui. Mais à quel prix pour les populations ?

Longtemps enclavé, le département d’Étimboué a trouvé dans cette route un véritable espoir de désenclavement. Elle facilite aujourd’hui les déplacements des familles, des commerçants, des transporteurs et l’approvisionnement des localités.

Mais l’instauration d’un péage pourrait aussi alourdir les dépenses de transport et, par ricochet, le prix des marchandises acheminées vers Omboué et ses environs.

Faudra-t-il payer à chaque passage ? Les transporteurs répercuteront-ils ces frais sur leurs passagers ? Des tarifs préférentiels seront-ils accordés aux populations riveraines ?

Autant de questions auxquelles aucune grille tarifaire publique ne permet encore de répondre.

Plus préoccupant, la route Port-Gentil–Omboué, progressivement ouverte depuis 2023, présente déjà sur certains tronçons des signes de dégradation et des insuffisances d’entretien signalées dans la presse.

Dès lors, une interrogation s’impose : pourquoi attendre l’installation d’un péage pour garantir l’entretien régulier d’une infrastructure aussi récente ?

Le principe d’une contribution des usagers peut se comprendre. Encore faut-il qu’elle soit raisonnable, transparente et réellement consacrée à la maintenance de la route.

La cogestion annoncée entre la mairie de Port-Gentil et la Gendarmerie nationale devra également s’accompagner d’un mécanisme clair de contrôle des recettes.

Car les populations ne doivent pas seulement savoir combien elles paieront. Elles doivent aussi savoir où ira leur argent et quels résultats elles pourront en attendre.

Le désenclavement d’Étimboué représente une avancée majeure. Il serait regrettable qu’une infrastructure conçue pour faciliter la circulation devienne demain une charge supplémentaire pour ceux qu’elle était censée soulager.

Préserver la route est une nécessité. Préserver le pouvoir d’achat des populations doit l’être tout autant.

Le développement ne doit pas se traduire par une facture toujours plus lourde pour les citoyens.

Photo illustrative

#omigabon.com

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