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Amélie Frittolli, l’empreinte d’une vie, la leçon d’un départ

Décédée le 25 janvier dernier à l’âge de 85 ans, des suites d’une maladie, Madame Allavena, épouse Frittolli Amélie Damiene, a été conduite à sa dernière demeure le samedi 7 février 2026. Son parcours et son engagement citoyen ont laissé une empreinte positive et durable au sein de la communauté. Conformément à sa dernière volonté, elle a été inhumée au cimetière de derrière Gabon Télécom.

Dans la matinée, son corps a été exposé à la place de la Concorde, où les autorités administratives locales, parmi lesquelles Eugénie Marie Caroline Kamara, préfet du département de Bendjé, représentant le gouverneur empêché, Pascal Houangni Ambouroue, maire de la commune de Port-Gentil, ainsi que plusieurs responsables de l’administration provinciale et des membres de différentes communautés, sont venus se recueillir avant de consigner un message dans le cahier de souvenirs prévu à cet effet.

Arrivée au Gabon dans les années 1970, à l’âge de 35 ans, Amélie Frittolli a dirigé cinq sociétés, parmi lesquelles les restaurants Le Rétro, Le Macena et le Café du Wharf, ainsi que les magasins Mandi Loisirs et Aillaud Figurere. Ces établissements sont devenus, au fil des années, de véritables repères inscrits dans l’histoire économique et sociale de Port-Gentil, tant ils ont marqué les esprits.
À travers ces entreprises, elle a employé des centaines de Gabonais, contribuant durablement à l’économie locale et à la vie sociale des Portgentillais.

Cependant, ces structures, notamment les restaurants, ont connu un déclin progressif en raison de nombreuses factures impayées par certaines administrations publiques locales et des opérateurs économiques. Amélie Frittolli a, à maintes reprises, préfinancé des cérémonies et événements organisés par des administrations et des entreprises, sans jamais obtenir le règlement effectif des prestations fournies. Selon certaines estimations, le montant de ces impayés pourrait atteindre au moins une centaine de millions de francs CFA.

Ce contexte financier a conduit à la faillite du Rétro et du Macena, ainsi qu’à l’agonie progressive du Café du Wharf.
Sur le plan social, les conséquences ont été lourdes : quatorze mois d’arriérés de salaires, des congés impayés allant d’un à six ans, ainsi que des cotisations sociales non reversées, notamment les ISR, avec des situations non régularisées concernant certains retraités. Amélie Frittolli laisse ainsi derrière elle un personnel non seulement éprouvé par sa disparition, mais également plongé dans une précarité sans précédent.

Le départ d’Amélie Frittolli, qui aura vécu ses derniers jours dans une précarité aussi déconcertante que silencieuse, constitue un moment lourd de sens et riche d’enseignements. Peu soutenue par les siens à l’heure ultime, elle doit la dignité de ses derniers instants à une communauté gabonaise profondément humaine, compatissante et solidaire. Laquelle a veillé à ce qu’elle soit raccompagnée avec respect dans sa dernière demeure, après que ses travailleurs ont été présents à son chevet durant toute sa période de maladie.

Cette réalité rappelle avec force que la famille ne se limite pas aux seuls liens du sang, mais se construit aussi à travers les relations tissées au fil du temps, la loyauté, la reconnaissance et la solidarité.

 

 

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