Depuis des années, les Gabonais ont pris l’habitude de rejeter tous leurs malheurs sur les dirigeants sans jamais faire une véritable introspection collective. Hier, c’était Omar Bongo Ondimba qui était accusé d’être responsable de tous les problèmes du pays. Pourtant, avec le recul, beaucoup reconnaissent aujourd’hui que plusieurs infrastructures réalisées sous son époque faisaient la fierté du Gabon.
Puis est venu Ali Bongo Ondimba. Là encore, tout a été mis sur le dos de “la légion étrangère”, accusée de tous les maux. Oui, il y a eu des abus et des dérives. Mais le Gabonais, lui aussi, s’est rarement remis en question. Manque de patriotisme, corruption, favoritisme, manque de conscience professionnelle, tribalisme : nous avons souvent préféré accuser les autres plutôt que de reconnaître nos propres responsabilités.
Avec l’arrivée de Brice Clotaire Oligui Nguema après le 30 août 2023, le peuple a retrouvé de l’espoir. Le discours sur la restauration des valeurs, le renforcement des institutions et la dignité nationale a séduit. Mais un pays ne se développe pas uniquement avec les discours d’un président.
Le vrai problème du Gabon aujourd’hui est aussi un problème de mentalité.
Le président peut donner des instructions, débloquer des budgets et lancer des projets. Mais si à tous les niveaux on détourne, on vole, on pense d’abord à sa famille avant la nation, aucun développement sérieux n’est possible. *Nous voulons le progrès sans discipline, des institutions fortes sans rigueur, la prospérité sans sacrifice collectif*.
Pendant que des pays comme la Chine ou la Corée du Sud ont construit des modèles adaptés à leurs réalités culturelles, nous continuons à vouloir copier des modèles occidentaux sans réfléchir à ce qui correspond réellement au Gabon.
Même en Afrique, des pays comme le Burkina Faso, porté aujourd’hui par une forte dynamique populaire autour de Ibrahim Traoré, montrent qu’un peuple qui sait où il veut aller peut accompagner une vision nationale.
Mais nous, Gabonais, savons-nous réellement où nous allons ?
Brice Clotaire Oligui Nguema doit comprendre qu’il fait face à un peuple souvent attentiste, exigeant envers les dirigeants mais peu enclin à se remettre lui-même en cause.
Or aucun pays ne se développe durablement sans discipline, sans conscience collective et sans responsabilité citoyenne. Le développement commence d’abord dans les mentalités.















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