À Port-Gentil, la disparition d’Alain Giresse Moussavou, magasinier à la SATRAM, ne laisse pas seulement une famille endeuillée. Elle ravive aussi le débat sur les conditions de vie de nombreux salariés de cette entreprise, pris depuis plusieurs années dans une crise sociale dont l’issue tarde à se dessiner.
Selon les informations recueillies auprès de ses collègues, Alain Giresse Moussavou vivait, comme plusieurs autres employés, dans les locaux de la Direction générale de l’entreprise, sis au carrefour BICIG. Une situation devenue presque banale pour ces travailleurs confrontés à une précarité grandissante.
Le vendredi 17 juillet 2026, vers 23 heures, ses collègues ont découvert l’homme inanimé dans le bureau qu’il utilisait comme chambre. Depuis plusieurs jours, personne ne s’était véritablement inquiété de son absence. Et pour cause : » nous pensions qu’il était simplement en déplacement. Cela lui arrivait souvent de partir deux ou trois jours pour changer d’air, comme beaucoup d’entre nous. Il sortait tôt, rentrait tard, ou allait dormir chez un ami ou une connaissance », confie l’un de ses collègues.
Ce n’est que lorsque des gémissements ont été entendus que la porte a été forcée. Les sapeurs-pompiers et la Police nationale ont été alertés. Transporté à l’hôpital de Tchengué, Alain Giresse Moussavou est malheureusement décédé le samedi 18 juillet, aux environs de 17 heures.
Au-delà du drame humain, cette disparition met en lumière une réalité sociale préoccupante. Depuis plus d’une décennie, les salariés de SATRAM-EGCA Alogis, dénoncent des retards de salaires, des procédures judiciaires interminables et l’absence de paiement de leurs droits sociaux, notamment les soldes de tout compte pour de nombreux agents.
Plusieurs vivent dans une grande précarité, certains occupant encore les locaux de l’entreprise faute de moyens pour se loger ailleurs.
Cette crise sociale dure. Les représentants du personnel affirment que certains employés cumulent plusieurs mois, voire plusieurs années d’impayés, avec des conséquences dramatiques sur leur santé, leur vie familiale et leur dignité. En novembre 2025 déjà, ils alertaient publiquement sur des collègues décédés sans avoir perçu leurs droits.
Ces derniers mois, le dossier SATRAM-EGCA Alogis a également été marqué par de multiples procédures judiciaires et des tensions autour de la gestion de l’entreprise. Le gouvernement lui-même s’est saisi du dossier en appelant au respect des droits des travailleurs afin de favoriser un retour à l’apaisement.
À ce stade, rien ne permet d’établir un lien direct entre le décès d’Alain Giresse Moussavou et les difficultés sociales traversées par l’entreprise. Les circonstances exactes de sa mort relèvent des autorités compétentes et des éventuelles conclusions médicales.
Mais une question demeure : combien de drames faudra-t-il encore avant qu’une solution durable ne soit trouvée pour ces travailleurs qui, depuis des années, attendent simplement que leurs droits soient respectés ? La disparition d’Alain Giresse Moussavou rappelle qu’au-delà des procédures, des chiffres et des batailles judiciaires, ce sont avant tout des vies humaines qui continuent de s’effacer dans le silence.
#omi
















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