Depuis le mercredi 2 septembre, la circulation est perturbée sur l’axe reliant l’Ancien-Port à la centrale thermique de la SEEG, à Port-Gentil. En cause : l’acheminement de deux nouvelles turbines à gaz vers ladite centrale, dans le cadre du projet de remplacement des anciens équipements.
Prévue jusqu’à ce jeudi 3 septembre, cette opération de transport s’effectue sous escorte des forces de l’ordre. La SEEG invite ainsi les usagers de cet axe à prendre leurs dispositions afin de faciliter le passage des convois et d’éviter tout incident.
Mais au-delà de ces perturbations ponctuelles de la circulation, l’arrivée de ces deux équipements remet surtout en lumière une question qui reste en suspens : où en est réellement le projet de remplacement des turbines à gaz de la centrale thermique de Port-Gentil ?
Car ces deux équipements s’inscrivent dans un projet annoncé depuis plusieurs mois déjà.
Le 2 février 2026, dans une structure hôtelière de Port-Gentil, le ministre en charge de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie annonçait, en présence des autorités administratives locales, le lancement du projet de remplacement des turbines à gaz de la Société d’énergie et d’eau du Gabon.
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Vétustes de plus de cinquante ans, ces équipements, dont le rendement et l’efficacité opérationnelle n’étaient plus aux normes, avec des coûts de maintenance exorbitants, étaient présentés comme l’une des principales causes des délestages à répétition qui rendait le quotidien des Port-Gentillais particulièrement difficile.
Au regard de la technicité du projet, trois mois avaient été annoncés pour son exécution.
L’achèvement des opérations et la mise en service prévisionnelle des nouveaux équipements étaient donc attendus entre la mi-juin et la fin du même mois, au plus tard.
Mais depuis, le silence s’est installé autour de l’évolution du chantier.
Pas de véritable point d’étape pour informer les populations de l’état d’avancement des travaux. Pas d’explication sur le respect ou non du calendrier initial. Et surtout, aucune communication permettant de comprendre pourquoi, plusieurs mois après l’échéance annoncée, le projet n’est toujours pas arrivé à son terme.
Pourtant, dès le lancement, le ministre avait insisté sur un impératif : la communication.
À l’endroit des responsables de la SEEG à Port-Gentil, Philippe Tonangoye avait notamment appelé à une communication régulière et évolutive, afin de prévenir les incompréhensions et d’éviter que le manque d’informations ne laisse place aux interprétations.
Dans ce contexte, les Port-Gentillais ont continué de subir les perturbations de la fourniture d’électricité, sans disposer d’informations précises sur l’évolution du projet.
Beaucoup ont ainsi penser que le délai annoncé touchait à son terme, et que la mise en service des nouveaux équipements était imminente.
Puis, à la surprise générale, dans un communiqué daté du 31 août dernier, la SEEG annonçait l’arrivée à Port-Gentil, le mardi 1er septembre, de deux turbines à gaz destinées à la centrale thermique.
Une annonce qui a relancé les interrogations.
Pourquoi le calendrier initialement annoncé n’a-t-il pas été respecté ? Et surtout, pourquoi les abonnés n’en ont-ils pas été informés au fur et à mesure ?
Selon le nouveau calendrier communiqué, les deux turbines, d’une capacité totale de 50 mégawatts, devraient être mises en service les 26 octobre et 6 novembre prochains.
Elles contribueront à sécuriser le fonctionnement de la centrale thermique de Port-Gentil et à améliorer durablement la qualité de la fourniture d’électricité.
Mais avant cette mise en service, la SEEG prévient que les opérations de raccordement et d’essais pourraient occasionner des délestages temporaires.
Si les contraintes techniques peuvent être comprises. Les retards peuvent également s’expliquer. Ce qui interroge cependant et davantage, c’est l’absence de communication sur l’évolution du projet depuis son lancement.
Après les interrogations récemment soulevées sur la communication de la SEEG autour des perturbations dans la fourniture d’eau, le même constat semble aujourd’hui se poser pour l’électricité.
Sur ce projet de remplacement des turbines, les abonnés sont restés plusieurs mois sans véritable point d’étape, alors même qu’un délai de trois mois avait été annoncé.
La nouvelle échéance, fixée plusieurs mois après ce calendrier initial, pose donc une question simple : qu’est-ce qui explique ce décalage et pourquoi les abonnés n’en ont-ils pas été informés plus tôt ?
Au-delà de l’arrivée de ces nouvelles turbines, c’est donc aussi la question de la transparence dans le suivi du projet qui se pose.
Pour les populations directement concernées, il ne s’agit plus seulement de savoir que les travaux avancent. Il s’agit de comprendre ce qui a conduit à ce nouveau calendrier et de disposer, à l’avenir, d’informations régulières sur les différentes étapes du projet.

















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