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Mairie de Port-Gentil : Pascal Houangni Ambouroue vide les chaises – et ce n’est pas une métaphore 

Quand la réforme administrative cesse d’être un discours.

Il y a des décisions qui font du bruit dans les couloirs. Celle-là a dû en faire beaucoup. Le mercredi 20 mai 2026, Pascal Houangni Ambouroue – Maire de Port-Gentil, a signé un arrêté d’une portée rare : l’ensemble des responsables de la mairie : directeurs, chefs de services, chefs de sections, secrétaire général, inspecteurs généraux adjoints et leurs conseillers  basculent officiellement en intérim. Tous sans exception.

Traduction concrète : personne n’est plus titulaire de son poste. Du moins, pas encore. Et ce n’est pas une sanction collective — c’est une remise à zéro volontaire, assumée, et juridiquement encadrée dans le prolongement des travaux de la Commission Administrative Paritaire (CAP) et de l’audit administratif, organisationnel et financier en cours.

Pourquoi cette décision aussi radicale ?

Parce que l’audit(volet ressources humaines), a mis à nu une réalité difficile de 507 agents municipaux à ignorer : des postes occupés sans qualification vérifiée, des classifications administratives approximatives, des recrutements jamais formellement validés. Dans ce contexte, laisser les responsables dans leurs fonctions comme si de rien n’était aurait sonné faux, voire creux.

En les plaçant tous en intérim, le maire envoie un message limpide : personne n’est au-dessus du processus. Les dossiers des cadres seront examinés au même titre que ceux des agents de base. L’adéquation entre profil, compétences réelles et fonction occupée sera vérifiée pour chacun. C’est l’égalité devant l’audit ce qui, dans une administration publique, relève presque de l’événement.

Ce que ça change concrètement

L’arrêté est clair sur un point qui ne manquera pas d’être remarqué : durant cette période transitoire, les primes liées aux fonctions sont suspendues. Les intérimaires font le travail sans les avantages attachés au titre. Une disposition qui, au-delà de son impact financier direct, dit quelque chose d’essentiel sur l’intention de la démarche : il ne s’agit pas de redistribuer des privilèges, mais de vérifier qu’ils étaient légitimes.

Après l’intérim, quoi ?

Le maire l’a dit lui-même avec une franchise désarmante : à l’issue des travaux de la CAP, deux scénarios sont sur la table. Soit de nouvelles personnes seront nommées. Soit les titulaires actuels, notamment  ceux dont le dossier tient la route, reprendront leurs fonctions. La CAP aura alors accompli sa vraie mission : faire émerger les compétences réelles. Celles qui méritent d’être reconnues. Non pas celles qui ont simplement bénéficié d’un réseau ou d’un flou administratif commode.

Une réforme qui se regarde dans les yeux

Ce qui frappe dans cette séquence, c’est le courage d’une mairie qui accepte de se remettre en cause jusqu’en haut de l’organigramme.

Beaucoup d’administrations lancent des audits tout en évitant que les niveaux supérieurs de responsabilité soient réellement concernés. À Port-Gentil, le choix semble plutôt être celui d’une remise à plat élargie de l’organisation administrative.

Reste désormais à conduire ce processus jusqu’à son terme. Car une réforme de cette ampleur exige du temps, de la méthode et une gestion attentive des réalités humaines et administratives qu’elle implique. Entre le diagnostic posé par l’audit et la mise en œuvre effective des ajustements attendus, le chantier s’annonce important.

Port-Gentil vient ainsi d’ouvrir une nouvelle phase de réorganisation administrative. Les prochaines décisions permettront de mesurer l’impact concret de cette démarche sur le fonctionnement de la mairie.

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