L’audit interne initié à la mairie de Port-Gentil par Pascal Houangni Ambouroue, le maire central, vient de faire de nouvelles révélations. Cette fois, il s’agit d’un réseau de vente illicite de timbres municipaux impliquant certains agents affectés aux services d’état civil.
Face à cette situation, l’édile a signé, ce mercredi 25 février, une note d’information mettant en garde tout agent municipal qui serait pris en flagrant délit.
Dénonciations anonymes
Selon les informations recueillies, des dénonciations anonymes recueillies, à la demande du maire, dans le cadre de la mise en œuvre de l’audit ont permis de mettre à nu ces pratiques, jugées contraire à l’éthique administrative, qui ternissent l’image de l’institution municipale.
Ainsi, les timbres de 1000f étaient vendus jusqu’ici, à 1.500f et 2.000f aux populations, lésées.
Trafic de timbres et usage de faux
A ce qu’il semble, la cupidité des agents ne s’arrête pas là. Ces derniers ont développé un système plus structuré mêlant trafic de timbres et usage de faux.
Il ressort, à cet effet, que des timbres initialement apposés sur des documents d’état-civil dont la validée est arrivée à échéance sont décollés, puis réutilisés pour légaliser d’autres actes.
Une pratique particulièrement répandue dans le traitement des dossiers de mariage, réputés plus lucratifs en raison de leur coût.
Une pratique bien ancrée ?
Cette pratique semble bien rodée depuis plusieurs années, tant au niveau des mairies d’arrondissement qu’à la mairie centrale. D’ailleurs, apprend t-on, la police municipale affirme en avoir connaissance. Même si, selon elle, les investigations et autres auditions initiées n’ont jamais abouti du fait de certaines entraves sous l’ancienne administration.
L’ampleur des faitss laisse supposer qu’il ne s’agit pas d’agissements isolés. Ils révèlent plutôt des insuffisances dans les mécanismes de contrôle et de supervision au sein des services concernés.
En effet, la répétition d’actes de cette nature sur une période prolongée interroge nécessairement le fonctionnement de la chaîne hiérarchique ainsi que l’efficacité des dispositifs internes de suivi.
Il apparaît difficile d’imaginer que de telles pratiques aient pu perdurer sans que des niveaux de responsabilité intermédiaires ou supérieurs n’en aient eu connaissance, ou à tout le moins sans que des signaux d’alerte n’aient été perçus.
Circuit parallèle des timbres municipaux : qui en assure l’approvisionnement ?
Dans sa note administrative, le maire rappelle que la vente des timbres municipaux relève exclusivement de la compétence du Trésor public. Dès lors, une interrogation subsiste : comment certains agents municipaux ont-ils pu s’approvisionner pour alimenter ce circuit parallèle ?
En période de pénurie, des timbres officiellement vendus à 5 000 F CFA au Trésor sont parfois proposés à 10 000 F CFA par des agents municipaux, au détriment des populations. Faute d’alternative, ces dernières se retrouvent contraintes de s’en acquitter à ce tarif.
Un manque à gagner pour la mairie
Au-delà de l’irrégularité administrative, cette situation constitue un manque à gagner pour la municipalité, déjà confrontée à des contraintes budgétaires.
Selon nos sources, le traitement d’un dossier de mariage est estimé à environ 20.000f dont un peu plus de la moitié est empochée par les agents d’État civil.
L’appel à la sanction des sanctions disciplinaires
Dans l’après-midi du mercredi 25 février, Pascal Houangni Ambouroue s’est rendu à la mairie du deuxième arrondissement, l’une des circonscriptions pointée du doigt par les portgentillais.
Face aux maires d’arrondissements et à leurs collaborateurs du service de l’état-civil, Pascal Houangni Ambouroue a instruit, d’un ton ferme, les maires édiles d’engager, sans complaisance, des procédures disciplinaires à l’encontre de tout agent dont l’implication serait établie. Non sans martelé sur l’obligation de probité et de respect des règles qui s’impose à tout agent public.
Le maire a également souligné que les faits dénoncés sont susceptibles d’exposer leurs auteurs à des poursuites pénales qui pourraient se generaliser.
Tout en réaffirmant sa volonté de privilégier la sensibilisation et la remise en ordre des services, il a prévenu que des mesures exemplaires pourraient être prises afin de restaurer la crédibilité de l’institution municipale et de dissuader toute récidive.















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