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Fait-divers : Augustin Mboumba, le tradipraticien présumé violeur, sous mandat de dépôt

Gabonais, la cinquantaine révolue, Augustin Mboumba un tradipraticien, marin de profession, a été mis hors d’état de nuire, il y a une semaine. Présumé coupable du délit de viol sur sa belle-fille par alliance, alors âgée de 17 ans, il a été placé sous mandat de dépôt à la prison centrale Saint-Pierre de Port-Gentil.

Les faits remontent à 2023 et se déroulent entre le domicile et le mbandja du mis en cause, respectivement situés derrière le lycée d’État et au ranch.
L’adolescente avait été confiée à Augustin par son petit-ami, qui s’installait à Libreville pour des raisons professionnelles. « Je l’ai laissé avec Augustin que je considérais comme un père, étant donné que c’est l’ami d’un de mes papas, pour qu’il veille sur elle, car elle était encore petite. Je voulais qu’elle reste pour apprendre », confit le prétendant de WDLF.

Un matin, vers 6h, relate WDLF, « il m’a appelé dans son bwendzè. Il m’a dit que son bwiti lui a révélé que mon père m’a mit un serpent dans le ventre. Que si on ne me soigne pas, j’allais mourir. Il a ajouté que la seule manière de me soigner, c’est de me faire les rapports sexuels par voie vaginale et anale ».

Face à cette situation pour le moins étrange, WDLF envisage d’abord d’informer son petit-ami afin qu’ils décident ensemble. Mais Augustin qui a une son ascendance sur l’adolescente le lui aurait interdit, prétextant que son fils était occupé par le travail et qu’il ne fallait pas le déranger. « J’ai insisté, il a dit non. Il disait que nous devions nous dépêcher, sinon dans une semaine, je mourais. Prise de peur, j’ai dit, ok. J’accepte le traitement « .

C’était le début du calvaire pour la jeune fille. Ce même jour dans la soirée, alors que WDLF était allongée dans le même lit que les filles d’Augustin, déjà endormies, elle sentit quelqu’un la toucher dans le dos.  » J’ai demandé : c’est qui? Il a répondu : c’est moi. Je suis venu t’administrer les médicaments. »

Dans ses mains, explique WDLF, Augustin tenait une assiette dans laquelle se trouvait des feuilles et une bouteille d’huile de palme, un flacon de bien-être contenant des feuilles et des écorces et un lubrifiant bleu. Après avoir mélanger les feuilles et l’huile de palme, le tradipraticien frotta le mélange sur le ventre et le dos de sa victime. « Ensuite, il m’a dit : je dois maintenant te pénétrer devant et derrière pour que les médicaments puissent bien rentrer afin de tuer le serpent. Il a mélangé le bien-être et le lubrifiant avant de passer le mélange sur son pénis. Puis il fait ce qu’il avait dit. Quand il a terminé, il m’a dit que c’était bon. Le serpent était mort ». Étrangement, aucune des filles présentes sur le même lit que WDLF ne s’était réveillée, fait-elle remarquer.

Curieusement deux jours plus tard, Augustin serait revenu à la charge. Il aurait donc instruit WDLF de se vêtir d’un pagne noir et de le suivre dans le bwendze afin de pratiquer à nouveau le traitement. « Je lui ai rappelé qu’il m’avait dit que le serpent était mort. Il m’a répondu que non, il ne meurt pas comme ça. Qu’il fallait qu’on refasse le traitement, au risque que je meurs ». C’est ainsi que l’adolescente, convaincue qu’elle pourrait mourir en cas de refus, se laissa à nouveau abuser par son pseudo beau-père.

WDLF relate également que le tradipraticien lui donnait à boire, dans un gobelet, une décoction qui l’hypnotisait et donnait la latitude au tradipraticien d’agir à sa guise. Une déclaration corroborée par d’autres victimes ayant requis l’anonymat. Honteuses, elles n’ont pas eu le courage d’ester en justice.

Sur ces entrefaites, les rapports entre Wora et son petit ami n’étaient plus au beau fixe. « Il me disait que mon père veut me tuer en complicité avec mon petit-ami. Il me le répétait tout le temps. Les huits mois que j’ai passé chez lui, il a passé le temps à me donner des potions à boire qui me faisait perdre toutes mes forces. Régulièrement, il venait dans la chambre me dire qu’il ressent un danger et qu’il faudrait qu’il me fasse encore le traitement ».

Toujours selon les témoignages de WDLF, Augustin abusait d’elle même pendant les mensurations. Privilégiant les rapports anaux durant cette période. « Un jour, ils m’ont emmené au ranch. Après avoir abusé de moi, sa femme a apprêté un sceau. Elle m’a dit que les génies demandent que je me lave le mélange qui se trouvait à l’intérieur ».

Seule et sans défense dans cet environnement où ces pratiques ignobles semblaient avoir été normalisées, WDLF s’était refermée sur elle-même. Face à ces abus répétés, elle se refugia dans un silence solitaire. Alors, Augustin aurait déduit qu’elle avait perdu l’usage de la parole et qu’il fallait y remédier. « Il m’a dit qu’il constatait que je ne parlais plus vraiment. Ensuite il a dit que pour me faire revenir la parole, il faudrait que je lui fasse une fellation après qu’il ait frotté le miel sur son pénis », ce que l’adolescente fit.

Certains soirs, poursuit-elle, « quand il rentrait, selon ses humeurs, il nous demandait de nous aligner sur les tabourets de la porte de son bwendzè et on passait à tour de rôle »{…}. Un jour il nous a toutes emmené à la plage pour signer un pacte devant la sirène du Cap Lopez, afin que nous soyons toujours liés et que jamais nous ne dénoncions le traitement qu’il nous faisait ».

Selon WDLF, plusieurs autres jeunes filles, initiées par le prévenu au « Nguembombo » présenté comme étant un rite traditionnel, ont été victimes de ces pratiques viles. A leur suite, des personnalités de la ville de Port-Gentil et des familles entières, hommes et femmes confondus, ont fait les frais de ces ignominies. Pour tenir ses victimes au silence, Augustin leur disait, à ce qu’il semble t-il, que quiconque révélerait ce qui s’était passé serait frappé de mort. A cela s’ajoute le fait que le présumé coupable, selon WDLF, mettait toujours en évidence une arme à feu, un poignard et une bombe lacrymogène pour intimider ses victimes, notamment les filles, pendant qu’il abusait d’elles.

Le pire, apprend t-on, est que les enfants du mis en cause auraient aussi subi le même sort. « Quand j’ai parlé de qu’il me faisait à sa grande fille qui était arrivée de Libreville, elle m’a répondu que c’était normal, que le traitement se passait ainsi et qu’elle aussi y passait ».

La dénonciation des faits aurait valu à WDLF des attaques spirituelles. Elle aurait même fait un coma de deux mois. Heureusement elle s’en est sortie.

Après avoir porté plainte en juin 2024, ce n’est qu’au mois de février 2026, que l’indelicat a finalement été interpellé.
Si une rumeur sur une possible libération prochaine du prévenu sous fond de versement d’une importante somme d’argent alimente les conversations depuis quelques jours, WDLF et les autres victimes tapis dans l’ombre croient en la justice Gabonaise et espèrent que justice sera rendue.

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