C’est toujours un moment particulier pour une équipe de recevoir son responsable. Le vendredi 24 avril, le centre d’appui à la pêche artisanale de Port-Gentil(CAPAPOG) a eu cet honneur avec la visite d’Aimé Martial Massamba, le ministre de la Mer, de la Pêche et de l’Économie Bleue. Une présence qui a été accueillie avec satisfaction par les agents, heureux de pouvoir montrer leur réalité quotidienne.
Guidé à travers les installations, le ministre a découvert le fonctionnement du site dans son ensemble : du marché de poisson à la production de glace, en passant par les bureaux administratifs. Une immersion complète qui a permis de mieux comprendre les rouages de cette structure essentielle pour l’approvisionnement local.
Mais très vite, au-delà de la visite, les échanges ont mis en lumière les difficultés persistantes. Au centre de pêche, le principal problème évoqué reste celui du contrôle au quai. Plusieurs services y interviennent marine marchande, brigade nautique, ANPN, mais sans toujours une coordination fluide. Résultat : des tensions récurrentes, notamment lors des contrôles nocturnes. « Parfois, chacun agit sans respecter clairement son rôle », confie Marlise Revignet Ingueza épse Moudounga Mouiti, responsable du CAPAPOG. Une situation qui finit par décourager les pêcheurs et même les clients, impactant directement l’activité.

Vue partielle du CAPAPOG
Malgré ces contraintes, les relations avec les pêcheurs restent solides. Ici, la proximité est essentielle. « Le pêcheur, c’est comme mon enfant », explique la responsable du centre, elle-même proche de ce milieu. Tout est fait pour maintenir un cadre propre, organisé et accueillant, afin que chacun puisse travailler dans de bonnes conditions.
Cependant, une autre difficulté majeure pèse sur le secteur : la présence de plus en plus importante de requins dans les eaux. Ces derniers endommagent les filets et rendent la pêche risquée. Beaucoup de pêcheurs préfèrent désormais rester à quai. Les conséquences sont immédiates : moins de poissons sur le marché, moins de glace vendue, et toute une chaîne économique qui ralentit.
À cela s’ajoute la contrainte liée au statut protégé des requins. Leur pêche étant interdite, leur prolifération devient un véritable défi pour les acteurs du secteur, qui se retrouvent parfois démunis face à cette situation.
Autre enjeu : la concurrence des sites de débarquement non agréés. Certains pêcheurs, notamment ceux qui exercent sous les badamiers, à la marina, préfèrent éviter le centre officiel pour échapper aux règles, en l’occurrence celles encadrant les prix. « Ici, il y a un règlement. Mais ailleurs, chacun fait comme il veut », déplore Marlyse. Une réalité qui complique les efforts de structuration du secteur, malgré les tentatives pour ramener tous les acteurs dans un cadre organisé.

Pourtant, au centre de pêche, tout est mis en place pour garantir un environnement sécurisé et professionnel. Les pêcheurs sont recensés, les vendeuses disposent de contrats, et des espaces sont aménagés pour assurer des conditions de vente dignes, à l’abri des intempéries.
Du côté du ministre, cette visite s’inscrit dans une volonté d’observer, d’écouter et de comprendre. « Il s’agissait de voir concrètement comment fonctionne ce site avec l’ensemble du personnel », a indiqué Aimé Martial Massamba. Une démarche de terrain qui pourrait permettre, à terme, d’apporter des réponses adaptées aux réalités vécues.
Entre engagement des équipes et défis multiples, le centre de pêche de Port-Gentil reflète les enjeux actuels du secteur halieutique : organiser, protéger, mais surtout soutenir ceux qui vivent de la mer au quotidien.














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