Le cambriolage enregistré au palais de justice de Port-Gentil, dans la nuit du samedi 21 au dimanche 22 mars 2026, a déclenché une descente expresse dans la capitale économique, d’Augustin Emane, le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, chargé des Droits de l’Homme, venu s’en quérir de la situation.
Après avoir fait l’état des lieux, il ressort que sept portes, apprend t-on, ont été défoncées par les indélicats, dont celle du greffe commercial. « Les brigands ont emporté la somme d’un million trois cent », a informé Rodrigue Ondo Mfoumou, le procureur de la République près le tribunal de première instance.
A ce qu’il semble, l’argent, « source d’une tontine », appartiendrait à une agente « mère de tontine » qui le gardait à l’intérieur de son bureau.
La salle des pièces à conviction fait également parti des pièces visitées. « Nous n’avons pas encore fait l’état des lieux pour savoir si quelque chose a été emportée de ce côté », a indiqué le PR.
Il faut dire que les bandits ont agi en véritable professionnels. En effet, pour échapper aux caméras de surveillance, ces derniers ont pris le soin de couper l’électricité dans le bâtiment.
Une intrusion facilitée ? des interrogations sur la sécurité
Les circonstances de cette intrusion soulèvent plusieurs interrogations. D’autant qu’aucun signe d’effraction n’a été relevé au niveau de l’entrée principale. Autrement dit, les malfrats ont accédé au palais de justice, sans difficultés apparente, comme dans un marché, opérant ainsi en toute quiétude. Ce qui pour le parquet de la République est révélateur soit d’une complicité présumée, soit de l’absence du gardien à son poste de travail au moment des faits. Même si celui-ci affirme qu’il était en faction, mais toutefois, n’aurait rien remarqué d’anormal en rentrant chez lui le dimanche matin.
La question de la sécurisation des institutions relancée
Après les manifestations politiques de 1990 et 1996, le tribunal de Port-Gentil n’a plus jamais fait l’objet de vandalisme entre temps. Du moins jusqu’au moment ou la garde a été confiée, depuis deux mois, à un gardien Gabonais, en remplacement d’un sujet ouestafricain, permissionnaire. Et dont les services n’ont jamais fait l’objet de doutes, a-t-on appris. Cependant, au-delà des faits, cet incident relance le débat sur la sécurisation des infrastructure judiciaires. Il interroge notamment sur le recours à des agents civils pour assurer la garde de sites sensibles tels que des institutions.
Selon les informations reccueillies, le palais de justice avait déjà maintes fois adressé à la prison centrale, des demandes de mise à disposition d’un personnel qualifié, capable de remplir cette mission. En proie, lui-même, à un déficit de ressources humaines, le pénitencier n’a jamais pu donner suite à cette sollicitation. Pourtant, dans la capitale Gabonaise, les effectifs de la sécurité pénitentiaire, pour ne citer que ceux-là, sont beaucoup. Mais, a t-on coutume d’entendre, de nombreux fonctionnaires préfèrent exercer à Libreville, causant ainsi un frein à l’accès et à l’efficacité du service public, à l’intérieur du pays.
Vers un renforcement du dispositif sécuritaire
Pour le ministre, « il n’est pas normal que la sécurité d’une institution aussi sensible soit confiée à une seule personne, et qui plus est un civil ». La sécurisation du palais, a-t-il soutenu, est un enjeu majeur et stratégique. Il s’agit, selon lui, de garantir l’autorité de l’Etat, d’assurer la sécurité des personnes, de garantir le bon déroulement des procédures judiciaires, de prévenir les pressions extérieures et de renforcer la confiance des citoyens.
Face à cette situation des plus préoccupantes, Augustin Emane a annoncé des mesures immédiates, réaffirmant, ainsi, son engagement à sécuriser les institutions sous tutelle. « La sécurité du palais de justice sera désormais du ressort de la sécurité pénitentiaire qui fait partie intégrante du ministère de la Justice », a-t-il dit, précisant qu’une partie des agents de la sécurité pénitentiaire nouvellement affectés à la prison centrale de Port-Gentil sera mis à disposition du palais de justice, a t-i.
Gageons que ce nouveau départ ramène la quiétude dans les couloirs du tribunal de la ville sable. Le mis en cause a été mis à la disposition de la DGR pour neccessité d’enquête.














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