Advertisement

Séjour du chef de l’État à Port-Gentil : entre désordre protocolaire et mise à l’écart de la presse locale 

La première journée du séjour du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, dans la capitale économique Gabonaise, n’aura pas été sans failles.

Entre couacs protocolaires et entraves au travail de la presse, plusieurs dysfonctionnements sont venus entacher une séquence pourtant hautement symbolique.

Le manquement le plus marquant reste sans doute l’incident protocolaire survenu au pavillon présidentiel de l’aéroport international Joseph Rendjambé Issani de Port-Gentil.

Chargé d’organiser l’accueil officiel, le protocole provincial a procédé à l’alignement des autorités administratives et politiques, et, des personnalités civiles et militaires, sur le tarmac.

Ce n’est qu’au terme de son exercice, et, à la suite de plusieurs interpellations, qu’il se rendra compte avoir omis le maire central de la commune. Autrement dit, des personnalités de rang protocolaire inférieur à l’édile avaient déjà été positionnées sur le tarmac avant que cette omission, révélatrice d’une faute dans l’application des règles élémentaires du protocole républicain, soit signalée.

Une situation qui a scandalisé plus d’une personne présente sur les lieux, notamment parmi celles qui se trouvaient dans l’entourage immédiat de la scène. « Quelle incompétence, c’est incroyable ! Oublier le maire, qui est la première autorité de la ville, relève du pur amateurisme », a lancé un conseiller municipal, lui-même relégué sur le côté avec plusieurs de ses collègues et quelques maires d’arrondissements, par le protocole provincial.

Une telle légèreté interroge. Car au regard des règles protocolaires, le maire demeure la première autorité de la ville. Son absence dans un dispositif aussi solennel ne saurait être reléguée au rang de simple oubli. Elle traduit, au mieux, une désorganisation manifeste, au pire, une méconnaissance préoccupante des usages administratifs. Une bourde de trop qui alimente les critiques récurrentes sur l’efficacité du protocole provincial, dont certains agissements continuent de fragiliser la crédibilité.

Autre fait notable : les restrictions imposées aux médias locaux, d’abord, par certains de leurs confrères venus de la capitale, estimant être les plus professionnels et les plus légitimes à assurer la couverture médiatique.

Mobilisés comme à l’accoutumée pour assurer la couverture de l’arrivée du chef de l’État, plusieurs journalistes se sont vus interdire de filmer dès la descente de l’avion présidentiel. Une décision difficile à comprendre, alors même que la presse locale constitue un relais essentiel de l’information auprès des populations, leur permettant, une fois imprégnées, de mieux comprendre les projets initiés par le chef de l’État au plan local.

Ces dérives semblent, en partie, trouver leur origine dans des comportements d’excès de zèle de certains individus. En voulant trop bien faire, ou en surinterprétant les consignes reçus, ces derniers en viennent à poser des actes contre-productifs. Pourtant, la presse, qu’elle soit locale ou nationale, œuvre pour un même objectif : relayer l’action du président de la République et contribuer à sa bonne compréhension par les populationss. D’autant qu’il est le président, non pas d’une seule ville, Libreville, mais du Gabon tout entier.

Les péripéties des professionnels de la communication ne sont pas arrêtés là.

Malgré le flou entourant un programme d’activités peu communiqué, les journalistes locaux, loin de se décourager, ont poursuivi le cortège présidentiel dans l’espoir de faire leur travail. Sauf qu’ils se heurteront à une nouvelle interdiction.

Au centre culturel Lambert Ona Ovono, où a eu lieu la projection du film relatif au projet Port-Gentil 2, initialement prévue sur le site de Matanda Lip, l’accès leur a une fois de plus été refusé. Et ce malgré les laissez-passer signés de la main du gouverneur de province, dépositaire de l’autorité de l’État, que les journalistes arboraient sur eux.

Une situation d’autant plus incompréhensible que le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a à plusieurs reprises affirmé sa volonté de garantir aux journalistes un libre accès à l’information. Or, le traitement qui a été réservé aux professionnels locaux, contraints de rebrousser chemin après avoir été frustrés, apparaît en totale contradiction avec cette orientation.

Au-delà de ces incidents, c’est toute la question de la place des médias locaux qui est posée. Acteurs essentiels de proximité, ils jouent un’ rôle déterminant dans la diffusion, la compréhension et l’appropriation des actions publiques par les populations. Les marginaliser revient, de facto, à affaiblir le lien entre l’action publique et les citoyens.

Partager cet article sur...

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *