L’affaire opposant les employés de Satram-EGCA à la direction d’Alogis vient de franchir un nouveau cap particulièrement inquiétant à Port-Gentil. Au cœur de la polémique : une intervention jugée musclée, menée par le directeur général d’Alogis, Olivier Nzue, accompagné d’un groupe d’hommes présentés comme cagoulés et vêtus de noir.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, le DG d’Alogis aurait recruté à Libreville près de 25 individus, moyennant une rémunération estimée à 100 000 FCFA chacun, afin de les transporter à Port-Gentil pour une opération visant à déguerpir de force les travailleurs de Satram-EGCA, encore présents sur le site.
L’objectif final, a t-on appris, était de reprendre, par la force, la barge et la drague revendiquées par Alogis, et ce, malgré l’existence de procédures judiciaires déjà engagées dans ce dossier sensible.
Ce qui choque particulièrement dans cette affaire, c’est qu’une ordonnance avait déjà été rendue par le président du tribunal, ordonnant l’expulsion et la cessation de trouble pour le compte d’Alogis. Cette décision de justice avait d’ailleurs été exécutée par la brigade du port, sur instruction du procureur de la République.
Dès lors, une question revient avec insistance dans l’opinion : si la barge et la drague appartiennent réellement à Alogis, pourquoi ne pas avoir simplement saisi à nouveau la justice afin d’obtenir leur restitution dans le cadre légal ?
Selon les éléments rapportés, les hommes arrivés de Libreville étaient vêtus de noir, encagoulés et se seraient présentés sur le site comme une véritable unité d’intervention. Une attitude qui aurait provoqué un climat de peur et de tension parmi les employés de Satram-EGCA encore présents sur les lieux.
Face à cette situation jugée particulièrement grave, les agents de la brigade du port, déjà en sous-effectif, auraient été pris de panique devant l’ampleur du dispositif déployé. Ils auraient alors sollicité l’intervention urgente du procureur de la République afin qu’il vienne personnellement constater les faits.
Selon des témoins, le magistrat aurait vivement dénoncé cette manière d’agir, rappelant qu’aucun responsable, aussi puissant soit-il, ne peut débarquer dans une juridiction avec des hommes armés ou cagoulés pour mener une opération de force, comme si Port-Gentil était devenu une zone de non-droit.
Beaucoup s’interrogent aujourd’hui sur ce qui aurait pu se produire si la situation avait dégénéré.
Que se serait-il passé s’il y avait eu mort d’homme ? Qui aurait porté la responsabilité d’un éventuel drame humain dans une opération menée en dehors des cadres habituels de maintien de l’ordre ?
Pour de nombreux observateurs, cette affaire soulève des questions profondes sur le respect des institutions judiciaires, l’autorité de l’État et les limites que certains responsables semblent prêts à franchir dans les conflits économiques et sociaux.
Vu la gravité des faits, le procureur de la République aurait ordonné l’interpellation du directeur général d’Alogis ainsi que des individus qui l’accompagnaient. Tous auraient été placés en garde à vue dans les locaux de la DGR afin d’être entendus sur les circonstances exactes de cette opération controversée.
À Port-Gentil, cette affaire continue de susciter stupeur et indignation, tant les méthodes décrites rappellent davantage des pratiques de milice privée que le fonctionnement normal d’un État de droit.
PS : vidéo amateur















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