Depuis 2026, les agents publics gabonais doivent porter une tenue africaine chaque vendredi. L’objectif est clair : valoriser l’identité culturelle, encourager les créateurs locaux et redonner une certaine dignité à l’administration.
Sur le principe, la mesure se défend. Elle rappelle l’importance de l’image de l’État et peut renforcer un sentiment d’appartenance. Dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, ce type de pratique fonctionne parce qu’il existe déjà un tissu ou un style reconnu par tous.
Mais au Gabon, la réalité est différente. Il n’existe pas de pagne ou de tenue traditionnelle commune à l’ensemble des peuples. Le raphia est souvent évoqué, mais il reste limité, peu pratique et surtout non représentatif de tous. Quant aux pagnes portés aujourd’hui, ils sont pour la plupart importés ou inspirés d’autres cultures.
Résultat : on impose une tenue traditionnelle alors même que cette tradition n’est pas clairement définie.
La question devient donc simple : peut-on restaurer des valeurs culturelles sans base culturelle unifiée ?
Au final, la mesure donne une image, mais elle ne suffit pas à construire une identité. Elle peut accompagner une dynamique, mais ne peut pas la remplacer.
Image illustrative
#omi














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