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Port-Gentil : la justice à vendre, la République en danger

À Port-Gentil, la colère n’est plus contenue. Elle s’exprime désormais à visage découvert, à la hauteur d’un scandale qui ne peut plus être étouffé : celui d’une justice que l’argent semble pouvoir infléchir.
Le mécanisme est connu, répété, dénoncé.
Le tribunal condamne. Les forces de défense et de sécurité interpellent, enquêtent, montent des dossiers solides, souvent au péril de leur vie. L’État tient… en apparence. Puis vient la juridiction d’appel. Et là, tout se défait.

C’est à ce niveau que, selon de nombreuses sources concordantes, les condamnations s’effondrent. C’est là que certains profils criminels, connus, impliqués dans des réseaux enracinés de stupéfiants, de prostitution et d’autres activités illicites, viendraient déverser leur argent pour racheter leur liberté. Et ils ressortent. Libres. Décomplexés. Dangereusement renforcés.

L’affaire « Papa Nodé » en est une illustration brutale. Condamné à 10 ans de prison, puis incarcéré pour avoir publiquement porté des menaces au commandant de l’antenne Ogooué-Maritime de l’Office Central de Lutte Anti-Drogue(OCLAD) tout en faisant la promesse de le nuire dans le cadre de son travail et de le priver de son galon, il avait été précisé par le tribunal que ce vétéran dans le traffic de drogue et de prostitution à Port-Gentil, avec un passif judiciaire lourd, serait rapatrié dans son pays d’origine, le Nigéria, à l’issue de son séjour carcéral. A la surprise générale, il vient d’être remis en circulation, apprend t-on d’une source digne de foi.
Si le cas de papa Nodé, selon certains observateurs pourrait ne pas être isolé, ce qui scandalise, au-delà de la libération de ce malfaiteur, c’est son attitude.

En effet, l’individu se targue ouvertement de ses relations. Il revendique, sans détour, sa capacité, au moyen de la corruption, à échapper à la justice. Une scène inimaginable dans un État de droit.
Un individu connu des services, à peine libéré, qui défie publiquement un responsable des Forces de Défense et de Sécurité, engagées dans la lutte contre la drogue. Ce n’est plus de la provocation. C’est une inversion totale de l’ordre républicain.
Qu’un tel individu, étranger de surcroît, évoluant dans des logiques de réseaux criminels, adopte ce comportement, cela s’inscrit dans une logique de défiance classique.

Mais une question demeure, lourde, accablante : qu’en est-il de ces magistrats, auteurs de cette libération scandaleuse qui ont prêté serment de défendre la Loi et la République ?
Ces assermentés de la République, comment peuvent-ils encore trouver le sommeil après de telles décisions ? Mesurent-ils seulement les conséquences de leurs actes ? Comprennent-ils qu’en libérant de tels profils, ils exposent directement des vies ?
Car, derrière chaque libération suspecte, il y a des réalités concrètes. Des jeunes filles replongées dans des réseaux de prostitution. Des quartiers sous influence de trafiquants. Des familles abandonnées à l’insécurité. Des agents de sécurité humiliés, fragilisés, parfois directement menacés — comme c’est désormais le cas pour le capitaine de l’OCLAD.

À Port-Gentil, au nom de la République, des hommes en uniforme, en dépit de leurs conditions de travail inadéquates, caractérisées par un déficit en ressources humaines qualifiés, un manque de moyens opérationnels, etc… se battent. Ils prennent des risques, ils s’exposent, ils affrontent des réseaux structurés. Et, en retour, ils voient ceux qu’ils ont neutralisés revenir… pour les défier.

Le message est clair, et il est dangereux :
Dans ce système, l’argent peut tout. Même réduire au silence l’autorité de l’État.
Alors il faut poser la question sans détour : quelle société est-on en train de construire ? Quel héritage laisse-t-on aux générations futures ? Un pays où les criminels menacent les forces de l’ordre en toute impunité ? Un pays où la justice se négocie en coulisses ?

À Port-Gentil, aujourd’hui, il ne s’agit plus d’un simple dysfonctionnement. Il s’agit d’une dérive grave. D’une fracture institutionnelle. D’un danger immédiat pour la population et pour ceux qui la protègent.
Car à force de libérer les voyous, c’est la République elle-même que l’on met à genoux.

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