La Société gabonaise d’entreposage de produits pétroliers (SGEPP) se veut rassurante : aucune pénurie de carburant ne menace actuellement le Gabon. Mais à Port-Gentil, capitale économique et pétrolière du pays, cette annonce remet en lumière une interrogation persistante : comment garantir durablement l’approvisionnement des populations, notamment dans les localités éloignées de l’Ogooué-Maritime ?
Dans un communiqué publié le 29 octobre 2026, la SGEPP affirme disposer de stocks suffisants pour assurer la distribution nationale de carburant et de gaz. L’entreprise invite les automobilistes à éviter les achats de panique susceptibles de provoquer artificiellement des tensions dans les stations-service.
Une mise au point qui intervient après les difficultés d’approvisionnement observées au début du mois dans le Grand Libreville.
À Port-Gentil, le paradoxe pétrolier mérite réflexion.
Ville historiquement liée à l’exploitation des hydrocarbures et abritant la Société gabonaise de raffinage (SOGARA), Port-Gentil occupe une place stratégique dans la filière pétrolière nationale.
Pourtant, produire ou raffiner du pétrole sur un territoire ne garantit pas, à lui seul, que chaque station-service sera approvisionnée régulièrement. Entre le raffinage, le stockage, le transport et la distribution, toute la chaîne doit fonctionner.
Et cette question prend une dimension particulière lorsqu’on quitte Port-Gentil pour rejoindre Omboué et les localités de l’Étimboué.
Dans ces territoires où les déplacements peuvent dépendre des véhicules, des embarcations motorisées et de circuits logistiques parfois complexes, une difficulté d’approvisionnement pourrait rapidement affecter les activités économiques, les transports et le quotidien des familles.
Des stocks disponibles, mais quelle garantie pour les provinces ?
Selon les données rapportées par Info241, environ 60 % du carburant consommé au Gabon proviendrait des importations, contre 40 % de la production locale assurée par la SOGARA.
Cette dépendance rappelle que la sécurité énergétique ne se mesure pas uniquement au volume de carburant disponible dans les dépôts. Elle dépend également de la capacité à desservir régulièrement l’ensemble du territoire.
Pour l’Ogooué-Maritime, la question mérite donc d’être posée aux opérateurs concernés : quelles dispositions garantissent l’approvisionnement de Port-Gentil, d’Omboué et des localités plus éloignées en cas de perturbation de la chaîne logistique ?
La SGEPP appelle aujourd’hui au calme. Un message nécessaire pour éviter les mouvements de panique.
Mais au-delà des assurances, les populations attendent surtout une chose : pouvoir se ravitailler normalement, sans que chaque rumeur de pénurie fasse renaître les mêmes inquiétudes.
Car dans une province qui contribue depuis des décennies à l’histoire pétrolière du Gabon, la véritable sécurité énergétique ne devrait pas seulement se lire dans les communiqués. Elle devrait se vérifier, chaque jour, à la pompe, jusque dans les localités les plus reculées.
#ogoouemaritimeinfos


















Leave a Reply