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Immigration et exploitation forestière : dans l’Ogooué-Maritime, qui contrôle le territoire ?

La route Port-Gentil–Omboué a ouvert de nouvelles perspectives économiques pour l’Ogooué-Maritime. Mais avec le désenclavement se pose une question tout aussi importante : l’État dispose-t-il des moyens nécessaires pour contrôler les installations humaines et les activités économiques qui se développent le long de cet axe ?

Longtemps isolée du reste du pays, la capitale économique bénéficie désormais d’une liaison routière stratégique vers Omboué. Une avancée considérable pour la circulation des personnes et des marchandises, mais qui appelle également une vigilance accrue sur la gestion des espaces forestiers.

Car dans certaines zones de l’Ogooué-Maritime, des interrogations persistent sur l’installation de nouveaux occupants, l’ouverture de chantiers et l’exploitation des ressources naturelles.

Qui s’installe ? Qui exploite ? Avec quelles autorisations et sous quel contrôle ?

Ces questions méritent des réponses précises, loin des rumeurs et des amalgames.

L’immigration n’est pas en elle-même un problème. Le Gabon a toujours entretenu des relations humaines et économiques avec les pays voisins et de nombreux partenaires étrangers. Les ressortissants d’Afrique centrale, d’Afrique de l’Ouest ou d’autres régions participent à la vie économique nationale.

Mais cette ouverture ne dispense personne du respect des lois gabonaises, qu’il s’agisse du séjour, de l’emploi, de l’occupation foncière ou de l’exploitation forestière.

La responsabilité des autorités locales mérite aussi d’être interrogée.

Dans une province dotée de services administratifs, de forces de sécurité et de structures chargées des Eaux et Forêts, comment s’organise concrètement le contrôle des activités dans les zones éloignées ?

Les installations font-elles l’objet de vérifications régulières ? Les exploitants disposent-ils des autorisations nécessaires ? Quels mécanismes permettent de prévenir les arrangements illégaux et les éventuelles complicités ?

La question est d’autant plus sensible que l’exploitation irrégulière des ressources naturelles, lorsqu’elle existe, ne peut prospérer durablement sans révéler des failles dans les mécanismes de surveillance.

Il serait toutefois injuste de faire porter aux seules communautés étrangères la responsabilité de ces difficultés. Les opérateurs économiques gabonais, les intermédiaires et les agents publics sont également tenus au respect de la loi.

L’Ogooué-Maritime a besoin de transparence, pas de stigmatisation.

Un état des lieux provincial associant les services de l’immigration, les Eaux et Forêts, les autorités territoriales et les collectivités locales permettrait de mieux connaître les activités exercées, les autorisations délivrées et les contrôles effectivement réalisés.

Il ne s’agit ni de fermer la province aux étrangers ni de remettre en cause leur contribution économique. Il s’agit de s’assurer que les mêmes règles s’appliquent à tous.

Car une route ne doit pas seulement ouvrir un territoire au développement. Elle doit aussi s’accompagner des moyens nécessaires pour protéger ses ressources et garantir le respect des lois.

À Port-Gentil comme à Omboué, la véritable question n’est donc pas de savoir d’où viennent ceux qui exploitent nos richesses, mais de savoir qui les autorise, qui les contrôle et ce que la province en retire réellement.

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