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GABON : LE PDG AU PALAIS PRÉSIDENTIEL, FAUT-IL VRAIMENT CRIER AU RETOUR DE L’ANCIEN SYSTÈME ?

L’audience accordée le 31 octobre 2026 par le président Brice Clotaire Oligui Nguema à une délégation du Parti démocratique gabonais (PDG) continue de susciter des réactions. Parmi les voix critiques, celle de la députée Justine Kassi Kassi Lekogo, qui dénonce une confusion entre les institutions de la République et les intérêts partisans. Mais cette rencontre suffit-elle à remettre en cause la rupture politique annoncée après le 30 août 2023 ?

La question mérite d’être posée sans passion ni procès d’intention.

Dans sa tribune, la députée s’inquiète de voir des responsables du PDG reçus au Palais présidentiel avec les signes distinctifs de leur formation politique. Pour elle, cette image rappelle les pratiques d’une époque où les frontières entre le parti au pouvoir et l’État étaient devenues presque inexistantes.

Une préoccupation légitime dans un pays encore marqué par plusieurs décennies de domination politique d’un même parti.

Mais recevoir une formation politique au Palais présidentiel signifie-t-il nécessairement lui accorder un privilège ou lui restituer une influence institutionnelle ?

Le dialogue politique ne devrait pas être confondu avec l’allégeance.

Le président de la République est certes le garant des institutions, mais il demeure également un acteur central du dialogue national. À ce titre, recevoir les responsables d’un parti légalement constitué, qu’il appartienne à la majorité ou à l’opposition, ne constitue pas en soi une entorse aux principes républicains.

Le véritable enjeu se situe ailleurs : dans l’égalité de traitement entre les formations politiques, la transparence des échanges et la capacité du chef de l’État à préserver son rôle d’arbitre.

Car la rupture du 30 août 2023 ne saurait signifier l’exclusion définitive de ceux qui ont participé à l’ancien système. Elle devrait plutôt se traduire par des institutions suffisamment solides pour accueillir toutes les sensibilités sans se laisser confisquer par aucune.

À Port-Gentil comme dans l’ensemble de l’Ogooué-Maritime, où plusieurs formations politiques coexistent, cette polémique interpelle également les acteurs locaux. Les citoyens attendent moins des querelles autour des audiences présidentielles que des réponses concrètes à leurs préoccupations : emploi, santé, infrastructures et pouvoir d’achat.

Ni réhabilitation automatique du PDG, ni condamnation systématique du dialogue avec ses dirigeants.

La vigilance exprimée par Justine Lekogo mérite d’être entendue. Mais elle ne devrait pas conduire à considérer toute rencontre avec l’ancien parti au pouvoir comme une menace pour la République.

Au fond, le véritable test de la rupture ne réside pas seulement dans les couleurs portées au Palais présidentiel, mais dans les décisions prises, les pratiques abandonnées et les résultats obtenus pour les Gabonais.

Car une République ne se protège pas en fermant ses portes à certains partis. Elle se protège en veillant à ce qu’aucun d’entre eux ne puisse jamais se l’approprier.

Photo Gabon Mail Infos

 

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