Alors que le ministère de la Communication prépare les commissions chargées de la carte nationale de presse et des subventions aux médias, une question mérite d’être posée : quelle place sera accordée aux journalistes autodidactes qui participent quotidiennement à la vie de l’information dans les provinces ?
À Port-Gentil, capitale économique du Gabon, le paysage médiatique repose notamment sur les médias numériques, les correspondants locaux et des passionnés de l’information qui ont appris le métier sur le terrain.
Certains sont journalistes de formation, d’autres viennent d’horizons professionnels différents. Pourtant, tous ceux qui exercent véritablement ce métier sont confrontés à une même exigence : rechercher les faits, les vérifier et informer avec responsabilité.
La concertation organisée le 28 octobre 2026 à Libreville par le ministère de la Communication et des Médias remet ainsi sur la table une question essentielle : comment professionnaliser la presse sans ignorer l’expérience acquise en dehors des écoles de journalisme ?
À Port-Gentil, le RENAJI peut contribuer au dialogue.
Avec une représentation officielle dans la capitale économique, le Réseau national des journalistes indépendants (RENAJI) constitue un interlocuteur potentiel pour faire remonter les préoccupations des professionnels locaux.
La question mérite d’autant plus d’attention que les réalités de la presse provinciale ne sont pas toujours celles des grandes rédactions de Libreville.
Accès à la formation, reconnaissance de l’expérience, conditions d’obtention de la carte professionnelle, accompagnement des médias numériques : autant de sujets qui gagneraient à être discutés avec les acteurs de terrain.
Car être journaliste ne se résume pas à posséder un diplôme. Mais publier des articles ne suffit pas non plus à faire de quelqu’un un professionnel de l’information.
Entre ces deux réalités, il existe une exigence fondamentale : la compétence, l’éthique et la responsabilité.
La future commission devra donc appliquer des critères clairs, conformes à la réglementation, tout en apportant des réponses aux professionnels ayant construit leur parcours par la pratique.
Quant aux subventions publiques, elles soulèvent une autre interrogation : les médias numériques installés en province auront-ils les mêmes possibilités d’accès à l’accompagnement de l’État ?
À Port-Gentil comme dans l’ensemble de l’Ogooué-Maritime, l’enjeu dépasse la simple délivrance d’une carte. Il concerne la reconnaissance, la formation et la structuration d’une presse locale capable de remplir pleinement sa mission d’information.
Professionnaliser la presse gabonaise est une nécessité. Veiller à ce que les journalistes des provinces soient entendus dans ce processus en est une autre.


















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