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Violences faites aux femmes : à Port-Gentil et dans l’Étimboué, qui tend la main aux victimes ?

Au Gabon, la lutte contre les violences basées sur le genre franchit une nouvelle étape. Mais loin des rencontres institutionnelles de Libreville, une question demeure : vers qui une femme victime de violences peut-elle réellement se tourner à Port-Gentil, à Omboué ou dans les villages de l’Étimboué ?

Le 29 octobre 2026, à Libreville, le projet ACT-VBG et le Réseau Femme Lève-Toi (ReFLeT) ont réuni plusieurs acteurs autour d’une ambition commune : transformer les recommandations en actions concrètes pour mieux protéger les victimes de violences basées sur le genre.

Une initiative salutaire, qui mérite cependant d’être interrogée à l’échelle de nos réalités locales.

À Port-Gentil, le silence peut aussi être une prison.

Derrière certaines portes, des femmes subissent des violences physiques, psychologiques ou économiques. La peur, la dépendance financière, le regard de l’entourage ou la crainte de briser la famille peuvent rendre la dénonciation particulièrement difficile.

Mais lorsqu’une femme trouve enfin le courage de parler, sait-elle où aller ? Peut-elle bénéficier rapidement d’une écoute, d’une assistance juridique, d’un accompagnement médical et d’une protection adaptée ?

Dans l’Étimboué, l’éloignement complique davantage la question.

À Omboué comme dans les villages des cantons, les distances, les déplacements parfois coûteux et l’accès aux services spécialisés peuvent constituer des obstacles supplémentaires. Pour une victime sans ressources, entreprendre des démarches peut devenir une épreuve de plus.

Le Gabon dispose pourtant d’un cadre juridique, notamment la loi n°006/2021 du 6 septembre 2021, consacrée à la lutte contre les violences faites aux femmes. Encore faut-il que ses dispositions produisent des effets jusque dans les localités les plus éloignées.

Il est temps de rapprocher la protection des victimes.

Cela suppose des relais communautaires formés, des dispositifs d’écoute confidentiels, une meilleure coordination entre services sociaux, sanitaires et judiciaires, mais aussi un véritable accompagnement vers l’autonomie économique.

Car protéger une femme ne consiste pas seulement à l’éloigner momentanément de la violence. C’est aussi lui donner les moyens de reconstruire sa vie sans être contrainte de retourner dans un environnement dangereux.

L’engagement d’ACT-VBG et du ReFLeT ouvre ainsi une réflexion essentielle pour l’Ogooué-Maritime : comment faire en sorte que les avancées annoncées à Libreville deviennent une réalité à Port-Gentil, à Omboué et jusque dans nos villages ?

Une loi peut reconnaître des droits. Mais c’est sur le terrain, dans la vie quotidienne des victimes, que se mesure l’efficacité de leur protection.

Et aucune femme ne devrait être condamnée au silence simplement parce qu’elle vit loin des centres de décision.

#omigabon

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