Quand on évoque l’économie de l’Ogooué-Maritime, les regards se tournent presque systématiquement vers le pétrole. Pourtant, au-delà de cette industrie dominante, une autre question stratégique mérite d’être posée : celle de l’agriculture et de la capacité de la province à produire une partie de ce qu’elle consomme.
Aujourd’hui, la grande majorité des denrées alimentaires consommées dans les villes de la province, notamment à Port-Gentil, provient de Libreville, du Woleu-Ntem, de la Ngounié ou encore des importations. Cette dépendance alimentaire pose à la fois des questions de coût de la vie, de sécurité alimentaire et de développement économique local.
Une dépendance alimentaire structurelle
À Port-Gentil, principale ville de la province, les marchés sont largement approvisionnés par des produits acheminés par voie maritime ou aérienne. Fruits, légumes, tubercules ou produits vivriers parcourent souvent plusieurs centaines de kilomètres avant d’arriver sur les étals.
Cette situation s’explique en partie par la configuration géographique de la province. L’Ogooué-Maritime est constituée de zones côtières, de lagunes et d’îles, ce qui complique l’accès à certaines terres agricoles et renchérit les coûts de transport.
Résultat : les prix des produits alimentaires y sont souvent plus élevés que dans d’autres provinces du Gabon.
Un potentiel agricole réel
Pourtant, la province dispose d’atouts agricoles encore peu exploités. Plusieurs zones rurales, notamment autour d’Omboué, Gamba ou dans certains villages de l’arrière-pays, possèdent des terres propices à la culture de produits vivriers.
Manioc, banane plantain, taro, patate douce ou encore légumes maraîchers pourraient être produits à plus grande échelle pour alimenter les centres urbains de la province.
Dans plusieurs villages, l’agriculture familiale continue d’exister, mais elle reste essentiellement tournée vers l’autoconsommation. Les volumes produits restent insuffisants pour alimenter durablement les marchés urbains.
Les défis logistiques et économiques
Le développement de l’agriculture dans l’Ogooué-Maritime se heurte cependant à plusieurs obstacles.
Le premier concerne l’accès aux terres et leur mise en valeur. Dans certaines zones, les terres agricoles sont éloignées des axes de transport ou difficiles d’accès.
Le second défi est celui de la logistique. Acheminer les produits agricoles vers les marchés urbains nécessite des moyens de transport adaptés, des pistes rurales entretenues et des circuits de distribution organisés.
Enfin, la question du financement et de l’accompagnement technique des producteurs reste centrale. Beaucoup d’agriculteurs travaillent encore avec des moyens limités, sans accès suffisant aux intrants, aux équipements ou aux formations agricoles.
Une opportunité pour la diversification économique
Dans un contexte où le Gabon cherche à réduire sa dépendance aux importations alimentaires, l’agriculture représente une opportunité importante pour l’Ogooué-Maritime.
Le développement de circuits courts entre les zones rurales et les villes de la province pourrait contribuer à réduire les coûts alimentaires tout en créant des revenus pour les populations rurales.
Encourager les jeunes à s’intéresser à l’agriculture, développer des coopératives agricoles, améliorer les infrastructures rurales et faciliter l’accès aux financements pourraient permettre de relancer ce secteur.
Dans une province historiquement dominée par l’économie pétrolière, l’agriculture pourrait ainsi devenir l’un des leviers d’un développement local plus équilibré et plus durable.














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