Ce vendredi, le secrétaire général de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), Mays Mouissi, foulera le sol de l’Ogooué-Maritime dans le cadre de la poursuite de la tournée nationale d’installation des structures de base du parti présidentiel.
Après plusieurs étapes à travers le pays, cette mission s’inscrit dans la volonté affichée de l’UDB d’être présente dans chaque province, chaque département, chaque commune et chaque quartier du Gabon.
Au-delà de l’aspect organisationnel, cette tournée révèle un phénomène politique qui mérite d’être observé avec attention.
L’UDB n’a qu’une année d’existence. Pourtant, elle s’est engagée dans un exercice que même les formations politiques les plus anciennes n’abordent qu’au prix d’importants moyens logistiques et financiers. Organiser des déplacements dans les neuf provinces, mobiliser des délégations nationales, installer des centaines de responsables locaux et tenir des rassemblements successifs représente un défi considérable.
Naturellement, certains observateurs relèvent que les mobilisations enregistrées ne sont pas toujours à la hauteur des attentes. Mais faut-il s’en étonner ?
Pendant des décennies, la vie politique gabonaise a souvent été associée à une logique où la mobilisation s’obtenait à coups de transport, de restauration, de per diem, voire, selon de nombreuses critiques récurrentes, d’achat des consciences. Beaucoup de citoyens ont fini par considérer que participer à un meeting politique devait systématiquement donner lieu à une contrepartie financière.
L’UDB semble vouloir expérimenter une autre approche : demander une adhésion davantage fondée sur la conviction que sur la récompense immédiate. Une telle démarche est forcément plus exigeante. Elle produit des rassemblements parfois moins spectaculaires, mais elle permet aussi de mesurer plus fidèlement le niveau réel d’engagement des militants.
À cela s’ajoute un contexte économique particulièrement contraint. Même si l’UDB compte en son sein plusieurs personnalités reconnues, le parti ne dispose pas encore de l’assise financière historique qu’avaient construite certaines anciennes formations politiques au fil de plusieurs décennies. Les réalités budgétaires imposent donc une organisation plus sobre et une gestion plus mesurée des ressources.
La tournée qui arrive en Ogooué-Maritime ne sera donc pas seulement une cérémonie d’installation des structures de base. Elle constituera également un test politique : celui de la capacité du parti présidentiel à construire une implantation durable reposant sur l’adhésion des populations plutôt que sur les habitudes héritées d’une autre époque.
Dans une démocratie, la force d’un parti ne se mesure pas uniquement au nombre de personnes présentes lors d’un rassemblement. Elle se mesure surtout à sa capacité à convaincre, à structurer son organisation et à transformer une sympathie de circonstance en engagement durable.
Le rendez-vous de ce week-end en terre marigovéenne apportera sans doute de nouveaux éléments de réponse.
#photo Gabonactu
















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