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ÉDITORIAL EPISODE8/LES PROVINCES FACE AUX PROBLÈMES DE DÉVELOPPEMENT : QUAND TOUS LES GABONAIS N’ONT PAS VÉCU LE MÊME GABON

Il existe une vérité que nous devons avoir le courage de regarder en face. Nous avons tous grandi sous le même drapeau.

Nous avons chanté le même hymne national. Nous avons appris la même histoire.

Pourtant, nous n’avons pas tous vécu le même Gabon.
Pour certains, le développement avait un visage. Il passait par une route bitumée. Un hôpital fonctionnel. Une école équipée.Une administration de proximité. Pour d’autres, il ressemblait davantage à une promesse. Une promesse que l’on entendait dans les discours. Une promesse que l’on voyait parfois à la télévision.

Mais qui mettait des années à franchir les portes de certains villages.
Dans plusieurs provinces, des populations ont longtemps regardé passer les décennies avec une question simple : À quel moment viendra notre tour ? Cette question n’était pas une révolte.
Elle était l’expression d’une attente. Car chaque Gabonais, où qu’il vive, aspire aux mêmes choses. Pouvoir envoyer ses enfants dans une bonne école. Accéder à des soins de qualité. Circuler sur des routes praticables. Trouver un emploi. Vivre dignement.

Pendant longtemps, les richesses produites par notre pays ont fait la fierté de tous. Le pétrole. Le bois. Le manganèse. La pêche. Les ressources forestières.

Le Gabon était un pays béni par la nature. Mais cette richesse n’a pas toujours été ressentie avec la même intensité sur l’ensemble du territoire.

Dans certaines localités, les jeunes continuaient de partir. Les villages se vidaient peu à peu.

Les familles voyaient leurs enfants rejoindre Libreville, Port-Gentil ou Franceville dans l’espoir d’une vie meilleure. Et derrière chaque départ se cachait souvent une même réalité :

L’absence d’opportunités.

Ce phénomène n’est pas propre au Gabon. Il existe dans de nombreux pays. Mais chez nous, il pose une question fondamentale. Comment construire une nation forte si une partie de son territoire a le sentiment d’attendre plus longtemps que les autres ?

Attention ! Il ne s’agit pas d’opposer les provinces entre elles. Le développement d’une province ne doit jamais être vécu comme la défaite d’une autre. Le véritable défi est ailleurs. Faire en sorte qu’aucun Gabonais ne se sente oublié parce qu’il est né dans une province plutôt qu’une autre.

Car lorsqu’une province avance, c’est le Gabon qui avance. Lorsqu’une province s’essouffle, c’est une partie du Gabon qui s’affaiblit. Nous avons parfois eu tendance à regarder les provinces uniquement à travers leurs ressources.

– Une province pétrolière.
– Une province forestière.
– Une province minière.

Mais une province n’est pas seulement un gisement. C’est d’abord une population. Des familles. Une culture. Une histoire. Une mémoire. Des rêves.

Le véritable développement ne consiste pas uniquement à extraire des richesses.
Il consiste aussi à créer les conditions pour que ceux qui vivent sur ces terres puissent y construire leur avenir.

Aujourd’hui, une nouvelle génération refuse de voir les provinces comme de simples réservoirs de ressources.

Elle veut qu’elles deviennent des territoires d’opportunités. Des espaces où l’on peut étudier, entreprendre, travailler et réussir sans être obligé de partir.

Cette aspiration est légitime.
Elle n’est dirigée contre personne.
Elle exprime simplement une volonté d’équilibre.

Car l’unité nationale ne se construit pas seulement dans les textes.

Elle se construit lorsque chaque citoyen, où qu’il vive, a le sentiment que la République le regarde avec la même attention.

Et c’est précisément cette réflexion qui nous conduira, dans le prochain épisode, vers une province qui a longtemps incarné la puissance économique du Gabon.

Une province qui a largement contribué à la richesse nationale. Une province qui, à elle seule, raconte une grande partie de notre histoire contemporaine. Cette province, c’est l’Ogooué-Maritime.

Son parcours mérite d’être raconté, non pour opposer, mais pour comprendre. Car comprendre son histoire, c’est aussi mieux comprendre celle du Gabon.

#omi

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