Le temps des partis créés sur le papier semble toucher à sa fin.
Avec seulement 69 formations politiques sur 102 ayant répondu à l’appel de mise en conformité lancé par l’État, c’est toute l’architecture du paysage politique Gabonais qui entre dans une nouvelle phase.
Pendant des années, le Gabon a vécu avec une multitude de partis dont beaucoup n’avaient ni siège identifiable, ni véritable implantation nationale, ni activité politique visible entre deux échéances électorales.
Des formations qui existaient davantage dans les textes que sur le terrain, contribuant à brouiller la lisibilité du débat démocratique.
La réforme engagée à la suite du Dialogue national inclusif entend rompre avec cette pratique.
Désormais, un parti politique devra prouver qu’il est une organisation réelle, structurée, transparente et capable de représenter des citoyens, plutôt qu’un simple instrument de circonstance.
Cette exigence est, sur le principe, difficilement contestable. Une démocratie solide ne peut reposer sur des organisations fictives ou dormantes. Elle a besoin d’acteurs crédibles, organisés et responsables.
Mais cette opération d’assainissement ne sera pleinement légitime qu’à une seule condition : que la Loi soit appliquée avec la même rigueur à tous. Sans distinction de poids politique, d’influence ou de proximité avec le pouvoir.
La crédibilité de cette réforme dépendra moins du nombre de partis supprimés que de l’impartialité du processus.
L’autre défi sera d’éviter que cette rationalisation ne se transforme en restriction du pluralisme.
Réduire le nombre de partis n’a de sens que si cela renforce la qualité du débat démocratique et non s’il limite la diversité des opinions.
Le véritable test commence maintenant. Les dossiers sont entre les mains de l’administration. Les décisions qui seront prises diront si le Gabon est en train de construire un système politique plus exigeant et plus crédible, ou simplement de procéder à un exercice administratif de plus.
Une chose est certaine : la politique Gabonaise entre dans une époque où l’existence légale ne suffira plus.
Désormais, il faudra aussi démontrer son existence réelle sur le terrain.
#omi
















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