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ÉDITORIAL ÉPISODE 9/L’OGOOUÉ-MARITIME : QUAND UNE PROVINCE PORTE UNE PART DU DESTIN ÉCONOMIQUE DU GABON

Il est des terres que la nature semble avoir particulièrement bénies. L’Ogooué-Maritime est de celles-là.

Ici, la mer rencontre la forêt. Les lagunes épousent les mangroves. Les rivières rejoignent l’océan.

Et sous cette terre, la nature a déposé des richesses qui allaient profondément marquer l’histoire du Gabon.

Lorsque l’on évoque l’Ogooué-Maritime, beaucoup pensent immédiatement au pétrole. Et ils ont raison.
Pendant des décennies, cette province a été l’un des principaux moteurs de l’économie nationale. Des milliers d’hommes et de femmes sont venus de toutes les provinces du Gabon, mais aussi, d’autres pays, attirés par les opportunités qu’offrait Port-Gentil.

On venait y chercher du travail. On venait y bâtir une vie. On venait avec l’espoir de réussir.

À cette époque, dire que l’on partait pour Port-Gentil, c’était souvent annoncer que l’on allait tenter sa chance.
La ville faisait rêver. Les compagnies pétrolières recrutaient. Le port était en activité permanente. Les commerces prospéraient. Les quartiers s’agrandissaient. La province vivait au rythme d’une économie qui semblait inépuisable.

Mais réduire l’Ogooué-Maritime au pétrole serait une profonde injustice. Cette province est bien plus qu’un puits de pétrole. C’est une terre de pêcheurs. Une terre de marins. Une terre de bâtisseurs. Une terre où les lagunes ont appris aux hommes à vivre avec l’eau, à respecter la nature et à développer un esprit de solidarité.

Car dans les villages du Fernan-Vaz, de la lagune Nkomi ou du littoral, on sait qu’on ne traverse pas une tempête seul. On avance ensemble. Cette solidarité a longtemps été l’une des plus grandes richesses de la province.

L’Ogooué-Maritime a aussi été une terre d’accueil. Des Gabonais venus de tous les horizons s’y sont installés. Ils y ont travaillé. Ils y ont élevé leurs enfants. Ils y ont construit leurs maisons.

La province est devenue un véritable carrefour humain où se côtoyaient des cultures, des langues et des parcours différents. C’est cette diversité qui a forgé son identité. Mais toute histoire a ses tournants.

À mesure que l’activité pétrolière évoluait, que certains investissements diminuaient et que l’économie mondiale changeait, la province a commencé, elle aussi, à ressentir les effets de cette transformation.

Des entreprises ont réduit leurs effectifs. Des familles ont quitté la province. Certains commerces ont fermé. L’effervescence d’hier a laissé place, par endroits, à une forme de nostalgie.
Pour beaucoup d’anciens, Port-Gentil n’est plus tout à fait le Port-Gentil qu’ils ont connu. Toutefois, une province ne se résume jamais à ses difficultés.

L’Ogooué-Maritime possède encore des atouts immenses. Son ouverture sur l’océan. Sa biodiversité exceptionnelle. Son potentiel touristique. Sa pêche. Son économie maritime. Son savoir-faire. Et surtout. Ses femmes et ses hommes.

Car la première richesse d’un territoire n’a jamais été ce que son sol renferme. La première richesse d’un territoire, c’est son peuple.

L’histoire de l’Ogooué-Maritime n’est donc pas celle d’une province qui décline. C’est celle d’une province qui cherche un nouveau souffle.

Une province qui doit désormais transformer ses richesses naturelles en richesses durables.
Une province qui peut redevenir une référence, à condition de croire de nouveau en elle-même.

Mais pour comprendre comment cette terre est devenue le cœur économique du Gabon, il faut aussi comprendre l’âme de sa principale ville. Une ville qui a forgé des générations de travailleurs. Une ville de caractère. Une ville qui ne laissait personne indifférent. Cette ville, c’est Port-Gentil. Et son histoire mérite à elle seule un chapitre.

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