Voyager à l’intérieur du Gabon est devenu un véritable casse-tête financier. Que ce soit par avion ou par bateau, les tarifs pratiqués sur certaines dessertes nationales sont si élevés qu’ils découragent de nombreux Gabonais de découvrir leur propre pays.
Le cas le plus frappant reste celui de la liaison Port-Gentil–Libreville. Selon la période de réservation, un billet d’avion aller simple peut atteindre des montants très élevés comme 300 000, voire 400 000 FCFA.
Le transport maritime, qui devrait être une alternative plus accessible, représente lui aussi une dépense importante, avec un aller-retour avoisinant souvent les 90 000 à 100 000 FCFA, voire les 150 à 180 000f CFA.
Comment expliquer qu’un trajet intérieur de quelques dizaines de minutes en avion puisse parfois coûter presqu’autant qu’un voyage vers l’Afrique du Sud ou une autre destination internationale ?
Certes, les compagnies font face à des coûts réels : carburant, entretien des appareils, taxes, redevances aéroportuaires, assurances et faible nombre de passagers sur certaines lignes. Mais ces explications suffisent-elles à justifier des tarifs aussi élevés ?
Cette situation a des conséquences bien réelles. Elle freine les déplacements des familles, pénalise les étudiants, les commerçants, les fonctionnaires affectés loin de chez eux et limite le développement du tourisme intérieur. Comment demander aux Gabonais de visiter leur pays lorsque se déplacer d’une province à l’autre coûte parfois autant qu’un séjour à l’étranger ?
Le ministère des Transports gagnerait à ouvrir une réflexion nationale sur cette question. Un audit de la formation des prix, une révision de certaines taxes, un renforcement de la concurrence entre opérateurs et la mise en place de tarifs sociaux sur les lignes d’intérêt national pourraient contribuer à rendre les déplacements plus accessibles.
Faciliter la mobilité des citoyens, ce n’est pas seulement réduire le prix d’un billet. C’est renforcer l’unité nationale, soutenir l’économie locale et permettre aux Gabonais de mieux connaître leur pays.
Aujourd’hui, il est temps de se poser une question simple : est-il normal qu’un Gabonais hésite davantage à voyager dans son propre pays qu’à partir à l’étranger ?
















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