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Pierre Claver Akendengue à Omboué : le retour du digne fils d’Andipo, une invitation à regarder notre terre en face

Le 1er août prochain, Omboué vivra un moment qui dépasse largement le cadre d’un simple concert. C’est le retour d’un enfant de la terre, d’un homme qui, par son génie et son œuvre, a porté bien au-delà des frontières du Gabon l’âme et les valeurs de son terroir. Après plus d’un demi-siècle d’absence, ce digne fils de Nandipo, cet enfant d’Awuta, revient enfin fouler la terre qui l’a vu naître.

Pierre Claver Akendengue n’est pas seulement un immense artiste. Il est un poète, un philosophe, une conscience. Sa musique n’a jamais eu pour seule vocation de divertir. Elle élève, interpelle et conscientise. Ses textes, d’une rare profondeur, continuent d’inspirer aussi bien les intellectuels que les amoureux de la culture africaine à travers le monde.

À travers ses chansons, ce digne fils d’Awuta a magnifié les paysages, les traditions et la spiritualité de sa contrée. Il a donné au monde l’image d’une terre riche de ses valeurs, de son histoire et de son humanité.

Mais aujourd’hui, une question mérite d’être posée.

Que découvrira-t-il en retrouvant Nandipo, cette terre qu’il n’a jamais cessé de célébrer ?

Ce week-end, de nombreux fils et filles d’Etimboué, des Nkomi, Ngowé, des Ghissir, des Varama, des Ngubi, ainsi que des visiteurs venus de tout le Gabon, découvriront ou redécouvriront cette contrée tant chantée par Pierre Claver Akendengue.

La nature, elle, demeure toujours aussi majestueuse. Mais qu’en est-il de l’œuvre de l’homme ?

Depuis les années 1960, Omboué semble avoir peu évolué. Trois routes principales, des terrains longtemps abandonnés, des maisons envahies par la végétation, une jeunesse qui quitte la terre de ses ancêtres en quête d’un avenir meilleur et qui, parfois, n’y revient que plusieurs décennies plus tard.

Pourtant, à l’approche de ce concert, un phénomène encourageant est apparu. Partout, des familles débroussaillent leurs parcelles. Des concessions retrouvent de la vie. Certains se préparent à ouvrir des commerces, des bars ou de petits restaurants pour accueillir les visiteurs. L’effervescence est réelle.

Mais pourquoi attendre un événement exceptionnel pour redonner vie à notre département ?

Imaginons un instant que, chaque période de vacances, les fils et filles d’Andipo reviennent entretenir leur patrimoine familial, reconstruire les maisons ancestrales, investir dans une activité économique ou simplement transmettre à leurs enfants l’amour de cette terre.

Alors, Omboué ne serait plus seulement la terre magnifiée dans les chansons de Pierre Claver Akendengue. Elle deviendrait le reflet fidèle de tout ce qu’il a chanté avec tant de passion.

Le plus bel hommage que nous puissions rendre à ce digne fils de Nandipo ne sera pas uniquement de l’applaudir le temps d’une soirée.

Ce sera de faire en sorte que son retour marque aussi le retour durable de ses frères et sœurs vers leur terre, afin que Nandipo retrouve toute la grandeur que son plus illustre ambassadeur n’a jamais cessé de lui reconnaître.

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